Flo Delavega raconte pourquoi il s'est isolé dans les Landes

En 2017, il quittait Paris et son groupe Fréro Delavega pour s'isoler avec sa famille et pratiquer la permaculture dans les Landes. Brut a retrouvé Flo Delavega, au milieu de la forêt. Sa nouvelle vie, c'est ça.

Le chanteur Florian Delavega vit reclus et s’est lancé dans la permaculture

Brut l’a rencontré là où habite désormais, dans les Landes. Ancien membre du duo Les Fréro Delavega, il sort un album en solo.

En 2017, Florian Delavega a quitté son groupe, Les Fréro Delavega, pour s’isoler avec sa famille et pratiquer la permaculture. Aujourd’hui, il revient dans le monde de la musique en tant qu’artiste solo. Brut l’a rencontré chez lui dans les Landes.

« Je suis un ermite qui aime monter sur scène devant des milliers de personnes »

C’est ici qu’on est venu se ressourcer il y a déjà trois ou quatre ans pour couper un tout petit peu avec toute la folie que j’avais vécu. Il y a trois ans, on a arrêté Les Fréro Delavega. À l’époque, je vivais encore à Paris. J’avais envie de me reconnecter à un truc plus essentiel. La nature, mon rapport moi à la nature. J’avais envie aussi de comprendre ces écosystèmes et de mettre du sens dans mon quotidien.

L’expérience Fréro a été formidable, mais elle a amené tellement de lumière sur moi. Il faut tout le temps dans la représentation, tout le temps performant, tout le temps beau. Je suis un ermite qui aime monter sur scène devant des milliers de personnes. C'est une dualité, une contradiction assez complexe parce que ce sont des choses vivantes en moi. C'est un peu l'enjeu de ce nouveau projet, de ce nouvel élan de pouvoir trouver l'équilibre et réussir à utiliser cette lumière que l'on m'offre.

« On n'a pas l'électricité courante, pas l'eau courante non plus »

On n'a pas l'électricité courante, pas l'eau courante non plus. On a la chance d'avoir la lumière, le chauffage. On puise l'eau 25 mètres dans la nappe phréatique. Et on a l'électricité grâce à ça. Ça nous alimente tout le lieu. On est vraiment coupés, les premiers voisins ils sont à 5 km. On est vraiment dans la forêt, et c’est vraiment une chance incroyable.

Au fond, nous, on est restés des enfants. Moi, j'essaie de cultiver ça. Mon enfant intérieur me dit mais viens là, on fait un truc de ouf et on fait des petits arcs de cercle, on y met un banc, on y plante des arbres et dans 10 ans, tu viendras lire ton livre à l'ombre de cet arbre. Ça me prend de l'énergie et ça me prend du temps. Mais regarde, ça fait trois ans et je peux choper mes petites framboises et les manger. Et je suis trop content.

« Chaque plante est venue entreprendre une tâche et une mission »

Chaque plante pousse à un endroit particulier parce qu'elle a un rôle à jouer. Elle est venue entreprendre une tâche et une mission. Tout ce qui pousse de manière spontanée quelque part, c'est parce que ça devait se faire de cette façon. Et la permaculture, et la nature, et la forêt, c'est un peu ça que ça enseigne. On a toujours tendance à vouloir contrôler, à lutter contre la nature.

On a toujours tendance à opposer le bon et le mauvais, les méchants et les bons. En fait, dans la nature, il n'y a aucun méchant, il n’y a aucun bon. Il y a qu'une dynamique. On n'a qu'un mouvement perpétuel qui ne fait qu'améliorer et « aggrader » les choses.

Ça cultive la tolérance. Parce que si t'es capable, dans un jardin, de te mettre dans cette dynamique d'acceptation… Après, avec l'être humain aussi, tu peux te mettre dans cette philosophie, je pense que c'est la même chose. Ce qui nous dérange chez l'autre, c'est toujours un truc qu'on a en nous. C'est pas l'autre qui nous dérange, c'est le reflet de nous. Et le jardin, c'est parfait pour ça. C'est un miroir perpétuel.

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Brut.