La parosmie, ce symptôme du covid qui trouble l’odorat

Certaines personnes qui se rétablissent du Covid-19 décrivent un nouveau symptôme désagréable : la parosmie, un trouble de l’odorat qui déforme la perception des odeurs et peut donner à la nourriture une odeur de poubelles. Voici comment les scientifiques expliquent ce trouble.

“Pour beaucoup de personnes atteintes, la nourriture sent les poubelles ou les égouts”


“On peut classer les troubles de l’odorat en trois grandes catégories. La première est l’anosmie, c’est-à-dire la perte complète de l’odorat. La deuxième est la parosmie : on perçoit une odeur, mais elle est déformée. Vous avez une rose devant vous, mais vous sentez quelque chose de complètement différent. Le plus souvent, c’est une odeur désagréable, mais ça arrive assez souvent qu’une odeur soit juste remplacée par une autre. Par exemple, je connais quelqu’un pour qui les pêches sentent maintenant le basilic”. La doctoresse Federica Genovese est post-doctorante au Monell Chemical Senses Center.
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“La troisième est la fantosmie, qui est une hallucination olfactive. Dans ce cas, il n’y a aucune odeur dans la pièce, mais la personne a l’impression de sentir quelque chose qui n’est pas là” ajoute la médecin. Après une infection au Covid-19, certaines personnes souffrent de parosmie après une phase d’anosmie, de perte d’odorat. Pour beaucoup d’entre elles, la nourriture sent les poubelles ou les égouts. Dans ces cas, “ce n’est pas le goût qui a changé, c’est la perception des arômes. Ce qu’on sait, et ce qu’on observe le plus souvent comme déclencheur de cette sensation, c’est la nourriture chaude. La raison est très simple : la chaleur rend les molécules plus volatiles, donc elles sont plus nombreuses à atteindre notre nez” précise Dr Federica Genovese.
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Quelles sont les causes de la parosmie ?


“Dans notre nez, il y a une muqueuse qui s’appelle l’épithélium olfactif. Elle est spécialisée dans la détection des odeurs. On y trouve trois principaux types de cellules : les neurones olfactifs, qui perçoivent les odeurs et les transforment en messages destinés au cerveau, les cellules de soutien, dont le nom parle de lui-même, et, sur la couche inférieure, les cellules basales. Quand le virus entre dans notre nez, il n’infecte pas les neurones, mais les cellules de soutien”.
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Quand le Covid-19 infecte les cellules de soutien, cela entraîne la mort des neurones olfactifs et provoque l’anosmie. “Heureusement pour nous, il y a ces cellules basales, qui sont des cellules souches. Tout au long de notre vie, elles peuvent remplacer les neurones olfactifs en cas de besoin. Ce qu’il se passe ensuite, c’est que ces nouveaux neurones doivent se connecter directement au cerveau. Mais comme nous avons énormément de neurones qui doivent se reconnecter, la probabilité qu’ils se reconnectent au mauvais endroit est élevée. C’est ça qui entraîne, lors du processus de guérison, la parosmie”.
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“Heureusement, au fil du temps, ces neurones qui sont mal connectés mourront à leur tour, car la durée de vie d’un neurone est très courte. Avec un peu de chance, les neurones suivants se connecteront bien”. La rééducation olfactive peut aider certaines personnes. Il existe aujourd’hui plusieurs traitements. “Il existe actuellement plusieurs protocoles. L’un d’entre eux consiste à choisir quatre odeurs différentes et à sentir chacune d’entre elles pendant environ 20 secondes, plusieurs fois par jour, pendant plusieurs mois. Ensuite, on recommencera avec quatre nouvelles odeurs. Il semblerait que ça fonctionne bien” affirme Dr Federica Genovese.


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Brut.