Voici le quotidien de Camille et Jason, schizophrènes et en couple

“Il me soutient beaucoup dans la maladie”. Camille et Jason sont schizophrènes. Ils sont en couple depuis 5 mois et racontent leur quotidien.

“Il m’aide à combattre mes hallucinations en les ridiculisant”

Jason et Camille sont tous les deux schizophrènes. Depuis 5 mois, ils sont en couple. Partager la même maladie leur permet de mieux se comprendre et de se soutenir au quotidien.

“C’est déjà arrivé que j’ai des voix qui me disent de lui faire du mal, et malgré tout, il reste à mes côtés et il a pas peur. Il me soutient beaucoup dans la maladie” raconte Camille.

Son conjoint lui permet de mieux vivre ses instants d’hallucinations en les ridiculisant : “Par exemple, si j’entends des voix qui me disent ‘Tue-le’, ‘Fais-lui du mal’, moi je m’imagine, je sais pas, un méchant en slip kangourou” explique la jeune femme.

“En fait, il faut savoir qu’une hallucination, c’est quelque chose qui se passe dans la tête. Donc en fait, c’est un travail à faire sur soi, c’est de tourner la chose au positif” ajoute Jason.

Ensemble depuis 5 mois, Camille et Jason se sont rencontrés grâce à une émission de télé dans laquelle Jason était venu parler de sa maladie.

Émue par son témoignage, Camille l’a contacté sur les réseaux sociaux. D’abord meilleurs amis, ils sont tombés amoureux.

La schizophrénie, Lucille en souffre, et le rappeur Gringe l'a vécue à travers son frère. Ils veulent briser les tabous sur cette maladie.

“Des fois, je me vois pendue dans un coin de la pièce”

Jason a été diagnostiqué à l’âge de 11 ans. Il y a 3 ans, Jason, schizophrène, avait témoigné pour Brut afin de raconter sa maladie. Depuis, il a trouvé un service civique dans une association où il intervient auprès de jeunes pour prévenir les addictions.

Son état a été “stabilisé” : “En gros j’ai un traitement qui fonctionne. Je gère ma maladie, j’arrive à être complètement autonome dans mon traitement, j’ai une vie” affirme le jeune homme.

De son côté, Camille travaillé dans un atelier de réinsertion professionnelle où elle fabrique des bijoux religieux, après des études de graphisme. Elle a été diagnostiquée à 21 ans.

“Ce que j’ai très mal vécu, c’est le fait que ce soit à vie, et d’avoir un traitement à vie. Si tu prends un traitement, ça veut dire que t’es malade, et si t’es malade, ça veut dire que t’es différent des autres” dit la jeune femme.

“J’ai une entreprise très compréhensive par rapport aux arrêts de travail. Par exemple, quand j’ai trop d’hallucinations, je suis capable de prendre un arrêt de travail pour me reposer. Il y a certaines entreprises qui ne comprennent pas ce handicap-là”.

Maxime, bipolaire, et sa mère parlent de la maladie qui le touche.

“Les gens ont peur qu’on soit des tueurs de série”

Selon l’Inserm, 600 000 personnes seraient atteintes de schizophrénie en France.

Aujourd'hui, Camille et Jason ne vivent pas dans la même ville et ne peuvent se voir que le week-end. Ils aimeraient s’installer rapidement ensemble, et même avoir des enfants.

“Nous, on connaît notre maladie, donc on saura la repérer chez nos enfants si jamais il y a un problème. C’est vrai qu’il y a une part d’hérédité, mais peut-être que notre enfant aura jamais rien et il sera complètement stable” explique Camille.

“Faut vraiment s’accrocher à la vie, parce que la vie elle a tellement à apporter, elle est dure, mais je trouve que ça vaut le coup. Le combat que j’ai fait, toutes les souffrances que j’ai eues, moi je trouve qu’elles ont quand même un mérite, parce qu’elles m’ont rendu plus fort” déclare Jason.

Découvrez comment aider un proche qui souffre de dépression à en sortir.

avatar
Brut.