Il y a 15 ans, ce que disait Poutine sur la sécurité globale

OTAN, nucléaire, désarmement : ce que disait Vladimir Poutine il y a 15 ans à la Conférence sur la politique de sécurité en 2007.

“Devons-nous rester passifs face aux actions de régions autoritaires ?”

Alors que la guerre en Ukraine a éclaté il y a 10 jours, retour sur l’un des discours prononcés par le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, il y a 15 ans sur la sécurité globale.

Lors de la Conférence sur la politique de sécurité à Munich, en Allemagne, le 10 février 2007, Vladimir Poutine prononçait ce discours officiel :

“Au début de la Seconde Guerre mondiale, Franklin Roosevelt avait déclaré: "Si la paix est rompue quelque part, le monde entier est menacé." Ces paroles restent valables aujourd'hui. D'ailleurs, le sujet de notre conférence en témoigne : "Les crises globales impliquent une responsabilité globale."

Je suis certain qu'en ce moment crucial, il faut repenser sérieusement l'architecture globale de la sécurité. Devons-nous rester passifs face aux conflits intérieurs de certains pays, aux actions des régimes autoritaires, des tyrans, à la prolifération des armes de destruction massive ? Bien entendu, c'est une question importante.

“Le passage à la démocratie n’a-t-il pas été pacifique dans notre pays ?”

Pouvons-nous assister passivement à ce qui se produit ? J'essaierai de répondre à votre question. Bien entendu, nous ne devons pas rester indifférents. Bien sûr que non. Mais avons-nous les moyens de faire face à ces menaces ? Oui, nous les avons.

Il suffit de se rappeler l'histoire récente. Le passage à la démocratie n'a-t-il pas été pacifique dans notre pays ? Le régime soviétique a subi une transformation pacifique, malgré la grande quantité d'armes, y compris nucléaires, dont il disposait.

Pourquoi donc aujourd'hui faut-il bombarder et pilonner à tout bout de champ ? Manquerions-nous de culture politique, de respect pour les valeurs démocratiques et le droit en l'absence d'une menace d'extermination réciproque ?

Appliquer “les normes juridiques internationales en matière de désarmement”

Le risque potentiel de déstabilisation des relations internationales tient également à l'absence évidente de progrès dans le domaine du désarmement. La Russie se prononce pour la reprise du dialogue sur ce sujet crucial. Il est très important d'appliquer les normes juridiques internationales en matière de désarmement, tout en poursuivant la réduction des armements nucléaires.

Je tiens à évoquer la crise que traverse le traité sur les forces armées conventionnelles en Europe. Les pays de l'OTAN ont ouvertement déclaré qu'ils ne ratifieraient pas le traité qui contient des limitations sur les zones frontalières, sur le déploiement de forces armées dans ces zones, tant que la Russie ne procéderait pas au retrait de ses bases de la Géorgie et de la Moldavie.

La situation en Géorgie, Moldavie, Bulgarie et Roumanie

Le retrait de nos troupes de la Géorgie est en cours et ce, à un rythme accéléré. Tout le monde sait que nous avons déjà réglé ces problèmes avec nos collègues géorgiens. Quant à la Moldavie, on y trouve pour le moment une formation de 1 500 militaires chargés de maintenir la paix et de protéger les entrepôts de munitions qui y subsistent depuis l'époque soviétique.

Mais que se passe-t-il pendant ce temps-là ? Eh bien, on voit apparaître en Bulgarie et en Roumanie des bases américaines légères avancées de 5 000 militaires chacune.

Il se trouve que l'OTAN rapproche ses forces avancées de nos frontières, tandis que nous, qui respectons strictement le traité, ne réagissons pas à ces démarches. Il est évident, je pense, que l'élargissement de l'OTAN n'a rien à voir avec la modernisation de l'alliance ni avec la sécurité en Europe.

Au contraire, c'est un facteur représentant une provocation sérieuse et abaissant le niveau de la confiance mutuelle. Nous sommes légitimement en droit de demander ouvertement contre qui cet élargissement est opéré.”

Le 24 février 2022 au matin, Moscou a annoncé l'invasion de l'Ukraine par les troupes russes. Bombardements sur les villes du pays, dont Kiev, sanctions économiques par l'Union européenne, manifestations anti-guerre à l'international, retrouvez ce qu'il s'est passé le premier jour de l'invasion russe.

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Brut.