Mars 1965 : les Marches de Selma

Les Marches de Selma ont été un tournant dans la lutte pour le droit de votes des Africains-Américains aux États-Unis. C'était il y a 53 ans.

En mars 1965, les Marches de Selma

Dans le Sud ségrégationniste des États-Unis, des dizaines de milliers de personnes ont défilé, entraînées par Martin Luther King, pour réclamer le droit de vote pour les Africains-Américains.

« Ce qu'ils ont fait ici retentira à travers les siècles », a déclaré 2015 Barack Obama, alors président des États-Unis. Eux, ce sont les marcheurs de Selma. Voici leur histoire.

La première manifestation est réprimée dans le sang par la police

Le 7 mars 1965, plusieurs centaines de personnes quittent la ville de Selma, en Alabama, en direction de Montgomery, la capitale de l'État. Ils manifestent pour le droit de vote des Africains-Américains. Mais leur périple est stoppé sur le pont Edmund Pettus, et la manifestation est réprimée dans le sang par la police de l’État. 17 personnes sont blessées. Ce jour est depuis surnommé le « Dimanche Sanglant ».

« Nous avons été battus. Nous avons été emprisonnés. Nous savions que nous allions soit vivre, soit mourir, et nous étions arrivés à un point où cela nous était égal », se souvient aujourd’hui une manifestante.

Le Civil Rights Act non effectif dans les États du Sud

Aux États-Unis, depuis 1964, et le Civil Rights Act, la ségrégation raciale est officiellement interdite. « Cette loi dit que ceux qui sont égaux devant Dieu doivent maintenant être égaux dans les bureaux de vote, dans les classes, dans les usines, dans les hôtels, les restaurants, les cinémas et tous les lieux de service public », affirme alors le Président Lyndon B. Johnson.

Pourtant, dans les États du Sud, la ségrégation est encore forte. À Selma, seuls 2 % des Noirs sont inscrits sur les listes électorales. Aussi, le 9 mars, un nouveau cortège est emmené par Martin Luther King et quitte Selma pour aller prier sur le pont Edmund Pettus.

50.000 à leur arrivée à Montgomery lors de la troisième marche

Le 21 mars, une troisième marche est organisée. Conduits à nouveau par Martin Luther King, les manifestants reprennent la route. Ils sont environ 2.000 à leur départ de Selma. 80 kilomètres plus loin et quatre jours plus tard, ils sont près de 50.000 à leur arrivée à Montgomery. « Le monde entier sait aujourd'hui que nous sommes là et que nous nous tenons devant les forces du pouvoir dans l'État de l'Alabama en disant que nous ne laisserons personne nous détourner », déclare alors Martin Luther King.

Le droit de vote de Africains-Américains sera officiellement garanti le 6 août 1965, cinq mois après la première marche. « Nous savons que la marche n'est pas encore terminée, que nous n'avons pas encore gagné la course. Ça, nous devons l'accepter pour atteindre cette destination sacrée où nous serons jugés sur notre personnalité », constatait toutefois Barack Obama en 2015.

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Brut.
7 mars 2018 00:00