Coronavirus : une transmission par les animaux

81 morts, des milliers de personnes contaminées, et à l’épicentre de l’épidémie : la vente illégale d’animaux sauvages. Alors que la polémique monte, le gouvernement chinois est contraint de prendre des mesures…

Le nouveau coronavirus est transmis par les animaux sauvages

Mis en cause dans l’actuelle épidémie de coronavirus, le commerce d'animaux sauvages en Chine a été temporairement interdit par Pékin.

Le nouveau coronavirus, déjà responsable de 81 décès et de la contagion de plus de 2.886 personnes, aurait pour origine un marché aux poissons situé à Wuhan, dans le centre de la Chine. Sur les étals étaient vendus de nombreux animaux tels que des rats, des louveteaux, des salamandres géantes…

« Une source animale semble être la source primaire »

« D'après les informations actuelles, une source animale semble être la source primaire la plus vraisemblable de cette épidémie, avec une transmission limitée d'humain à humain par contact étroit », a déclaré Tarik Jasarevic, le porte-parole de Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le commerce de viande de brousse expose en effet les humains aux virus dont les animaux sont porteurs. « Si ces marchés persistent et que la consommation illégale et non-réglementée d'espèces sauvages par des humains persiste, alors le public continuera à faire face au risque accru d’émergence de nouveaux virus, potentiellement plus mortels et à l'origine d'une future propagation pandémique », affirme Christian Walzer, le directeur du pôle santé chez Wildlife Conservation Society, une ONG spécialisée dans la préservation de la nature.

La faune sauvage abriterait 1,7 millions de virus encore inconnus

  D’après les scientifiques du projet Global Virome, la faune sauvage abrite 1,7 millions de virus encore inconnus. La moitié d’entre-eux pourraient être dangereux pour les humains. « La nouvelle norme est que les pandémies vont se produire plus fréquemment. Nous sommes de plus en plus en contact avec des animaux qui sont porteurs de ces virus », alerte Peter Daszak, président d'EcoHealth Alliance, une ONG qui lutte contre les maladies infectieuses émergentes.   Depuis les années 1980, plusieurs épidémies ont été corrélées à des sources animales, comme le Sida, transmis par un singe, le virus Ebola, transmis par une chauve-souris, et le Sras, transmis par une civette. Cette dernière épidémie, également apparue en Chine, a tué près de 774 personnes au début des années 2000.

Le commerce d'animaux sauvages a été interdit

  Par peur de voir une épidémie de cette ampleur se reproduire, le gouvernement chinois a pris plusieurs mesures : le marché aux fruits de mer de Huanan a été fermé, et le transport et le commerce d'animaux sauvages ont été interdits jusqu'à la fin de l'épidémie.   Aujourd’hui, les ONG demandent cependant plus que des mesures temporaires, et espèrent que  les nouvelles générations se détourneront des anciennes traditions. « Je pense que dans 50 ans, ce sera une chose du passé », se prend à rêver Peter Daszak.

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Brut.
27 janvier 2020 19:12