Au Nigéria, l'armée tire sur des manifestants pacifiques

Pendant ce temps-là au Nigéria, l'armée tire à balles réelles sur des manifestants pacifiques…

Au Nigéria, des manifestants sont tués

Plusieurs personnalités nigérianes appellent à l’aide. Au Nigéria, de jeunes manifestants sont blessés, voire tués par des policiers du SARS, une brigade spéciale.

« Le gouvernement est en train de tuer nos citoyens ». Mardi 20 octobre, le footballeur nigérian Odion Ighalo, de Manchester United, a lancé un appel à l’aide. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, il dénonce un scandale politique se déroulant actuellement au Nigéria.

« Je ne peux plus me taire sur ce qui se passe chez moi au Nigéria. Le gouvernement nigérian, vous êtes une honte pour le monde, pour avoir tué vos propres citoyens, pour avoir envoyé des militaires dans les rues, pour avoir tué des manifestants non armés, parce qu'ils protestaient pour leurs droits », rapporte le footballeur.

18 manifestants abattus

Odion Ighalo n’est pas le seul à avoir dénoncé ce qu’il se passe actuellement là-bas. Samklef, un chanteur nigérian, a diffusé une vidéo en direct sur Instagram. Dans ce live, il échange avec Djswitch, une autre chanteuse. Cette dernière, sur place, participe, avec plus de 1.000 personnes, à une manifestation pacifique à Lagos, la capitale du Nigéria. Ils luttent contre les violences policières avec leur mouvement « End SARS », non violent. 

Tout a commencé le 3 octobre, après la diffusion d’une vidéo montrant un homme froidement abattu par des policiers du SARS, une brigade de lutte contre les vols à main armée. Au Nigéria, un couvre-feu a été décrété à 16h pour empêcher les manifestations, nombreuses ces dernières semaines. Après 16h, l’armée ouvre le feu pour disperser la foule. Des manifestants ressortent blessés, Amnesty International parle même de morts. Il y en aurait eu 18 ces dernières semaines, dont deux policiers.

Le mouvement se poursuit

Le Président nigérian, Muhammadu Buhari, a annoncé le 11 octobre la dissolution du SARS et une réforme de la police. Pourtant, le mouvement s’est amplifié pour dénoncer la mauvaise gouvernance. Les manifestants revendiquent des actions contre l’extrême pauvreté qui touche la première puissance économique du continent africain. Les jeunes sont les principaux concernés car le Nigéra est l’une des nations à la population jeune la plus nombreuse. Le taux de chômage y est d'environ 20 %.

Tosin Olugbenga fait partie des manifestants. Il témoigne : « Le mouvement End SARS se traduit maintenant par un mouvement de demande de bonne gouvernance. Il y a du chômage et les gens se posent des questions. Il y a de mauvaises routes, au moment où je vous parle, je n'ai pas d'électricité chez moi. Vous assurez votre propre sécurité. Avec mon voisin, nous avons un système de sécurité interne. »

« Le gouvernement est presque inutile, il ne fait rien, il perçoit des sommes énormes en guise d'indemnités… C'est pourquoi ça se traduit maintenant par de la colère, encore plus de colère, ce qui donne une mauvaise gouvernance. Nous remercions Dieu de pouvoir utiliser les réseaux sociaux comme plateforme, car la plupart des médias traditionnels se rangent du côté du gouvernement », poursuit-il. « Aucune nation n'a jamais gagné une guerre contre ses citoyens, aucune nation. »

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Brut.