Bracelets anti-rapprochement : après les annonces, où en est-on ?

C'était une promesse du gouvernement pour lutter contre les violences conjugales : le bracelet anti-rapprochement. Mais sur les 1000 disponibles en France, 47 seulement sont actifs à ce jour… Pour l'avocate Pauline Rongier, il est urgent de généraliser leur usage.

Bracelets anti-rapprochement : après les annonces, où en est-on ?

C'était une promesse du gouvernement pour lutter contre les violences conjugales : le bracelet anti-rapprochement. Mais sur les 1000 disponibles en France, 47 seulement sont actifs à ce jour… Pour l'avocate Pauline Rongier, il est urgent de généraliser leur usage.

Un dispositif visant à protéger les victimes.

Pauline Rongier, avocate spécialisée dans la défense des femmes victimes de violence rappelle que le bracelet anti-rapprochement peut être mis en place par un juge pénal ou par un juge civil, notamment dans le cadre des violences conjugales. En plus de l’ordonnance de protection, il s’agit d’un outil destiné à tenir éloignés les conjoints ou ex-conjoints violents. 1000 bracelets sont aujourd’hui disponibles en France, 79 ont été ordonnés, 47 sont actifs. D’abord lancé dans 5 juridictions dont Aix-en-Provence et Angoulême, il a été généralisé à tout le territoire en janvier 2021.

Un dispositif qui tarde à se généraliser

Pour Pauline Rongier, si le dispositif tarde à se généraliser c’est premièrement en raison d’une réticence à utiliser un outil nouveau qu’on ne maîtrise pas forcément très bien. Elle L’argument économique est également soulevé : “les moyens de la justice qui sont souvent insuffisants.” L’avocate souligne également un effet contre-productif de la part du juge réticent à mettre en place le bracelet avec une zone d’interdiction qui serait trop étendue comme par exemple toute la ville de Paris.

Les solutions proposées

Pauline Rongier estime qu’il faut ordonner la mise en place de ces dispositifs jusqu’à ce qu’il n’y en est plus assez. Elle ajoute : “je pense que si le bracelet anti-rapprochement était massivement utilisé, il serait efficace comme ce qu’on peut voir en Espagne.” Néanmoins, les avocats n'ont pas forcément le réflexe de l’évoquer. L’avocate juge cette situation ”insupportable” et ajoute : “on a la chance d’avoir cet outil, d'avoir cette technologie qui pourrait permettre d’endiguer ce fléau. Il faut l’utiliser.”

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Brut.