Ce compte Instagram recense les témoignages de femmes victimes de harcèlement de rue

Emanouela a créé le compte Instagram "Dis bonjour sale pute" après avoir été elle-même victime de harcèlement de rue. Voilà pourquoi elle a décidé d'en parler.

@disbonjoursalepute, un compte Instagram pour dénoncer le harcèlement de rue

Des remarques à caractère sexuel, puis des insultes : dans l’espace public, les femmes sont souvent confrontées à de la violence verbale. Emanouela recense plusieurs témoignages sur Instagram.

Après avoir été victime de harcèlement de rue, Emanouela a décidé de recenser des témoignages de femmes sur son compte Instagram @disbonjoursalepute>@disbonjoursalepute(target="_blank"). « Je reçois des messages tout le temps, avec des personnes qui espèrent qu’on va en parler. J’en ai reçu plus de 2.000 en une semaine. C’est incroyable qu’après tous les mouvements qu’il y a eu ces dernières années, ces mecs continuent à agir de la sorte », s’insurge Emanouela.

« Il m’a giflée dans un train bondé de monde, personne n’a réagi »

« J’avais 14 ans, je prenais le train pour rentrer des cours. Un homme de 27 ans se déplace pour venir en face de moi et commence à me draguer, raconte une internaute. Il me demande mon Snap, Facebook, et j’en passe. Bien évidemment, je refuse et il me propose donc d’aller boire un verre avec lui. Il faut savoir que je ne le connaissais absolument pas. Quand j’ai refusé son rendez-vous, il m’a traitée de salope, et ensuite m’a giflée dans un train bondé de monde. Personne n’a réagi. »

« C’est une jeune femme qui m’a fait une remarque désobligeante, relate une autre. J’étais en tenue de soirée, car j’allais en boite avec une amie à moi. Je passe à côté de cette fille et elle me lance : “C’est combien la pipe ?” Je lui réponds : “Mais je t’emmerde.” Et elle me répond : “Si tu te fais violer, faudra pas te plaindre, sale pute.” »

« C’est un mot qui s’imprime dans notre inconscient »

Depuis 2018, l’outrage sexiste est puni d’une amende de 750 euros. Mais cela ne semble pas décourager les harceleurs de rue et les agresseurs. « C’est quelque chose qui nous affecte et un poids avec lequel on va vivre. C’est un mot qui s’imprime dans notre inconscient. Et ça a forcément un impact sur la personne qu’on va être après, sur la tenue qu’on va porter, sur la rue par laquelle on va passer, sur notre comportement, notre façon d’être, notre façon de marcher », déplore Emanouela.

Pourtant, la jeune femme n’est pas entièrement pessimiste. Elle espère qu’avec le temps, les mentalités changeront. « J’espère que mes enfants vivront une vie plus paisible et que les enfants de mes enfants rigoleront, diront : “Ah ouais ? Vous vous faisiez traiter de sale pute dans la rue ? Sérieux ?” »

avatar
Brut.
27 juillet 2020 15:43