De mars à septembre 2020 : comment le gouvernement a évolué sur les tests

Ce qu'ils disaient, ce qu'ils disent aujourd'hui : comment le gouvernement a évolué sur les tests du Covid-19.

50 nuances de tests

Depuis mars, les différents membres du gouvernement et acteurs de la santé publique ne cessent de changer de discours sur le dépistage.

Test, pas test ? Difficile de s’y retrouver ! Depuis mars, les différents membres du gouvernement et acteurs de la santé publique ne cessent de changer de discours quant à l’importance du dépistage du Covid-19.

Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, ouvre le bal le 11 mars : « A-t-on besoin du test ? Pas forcément si on est dans une zone où il y a beaucoup de virus qui circulent, qu’il n’y a qui ça qui circule et que votre médecin traitant vous dit : “Vous avez attrapé le coronavirus. Vous êtes parfaitement bien. Vous avez 37.8, un peu mal à la gorge. Restez tranquillement chez vous.’’ »

« Un usage rationnel, raisonnable et raisonné des tests »

Plutôt rassurant ! À ce moment-là, le ministre de la Santé Olivier Véran abonde d’ailleurs en son sens. 10 jours plus tard, il indique que le gouvernement a « fait jusque-là le choix d'un usage rationnel, raisonnable et raisonné des tests ». Mais le 31 mars, Emmanuel Macron himself change de cap. « Nous le faisons depuis plusieurs semaines, nous passons massivement des commandes », déclare-t-il alors.

Pourtant, quatre jours plus tard, le ministre de la Santé brouille les pistes. « Tester toute le monde à l’instant T, ce n’est pas utile, même si on avait 60 millions de tests, parce que ça ne dit rien de la capacité de tomber malade ou d’avoir été malade il y a deux semaines », affirme-t-il. Mais le Premier ministre d’alors, Édouard Philippe, nous perd encore davantage le 8 avril : « Il faut mobiliser des moyens, il faut faire en sorte de pouvoir tester. »

Qui croire, que croire ? Emmanuel Macron tente de remettre de l’ordre dans le discours officiel le 13 avril, au cours d’une allocution télévisée : « Le 11 mai, nous serons en capacité de tester toute personne présentant des symptômes. Nous n'allons pas tester toutes les Françaises et tous les Français. Ça n'aurait aucun sens, mais toute personne ayant un symptôme doit pouvoir être testée. »

« Nous ne faisons pas aujourd'hui les 700.000 tests par semaine »

Olivier Véran acquiesce, et annonce deux jours plus tard qu’il est inutile de tester tout le monde. « C'est partir à la pêche à des informations extrêmement évolutives et très peu informatives », argumente le ministre. L’objectif chiffré est donné par Édouard Philippe le 28 avril : à la sortie du confinement, la France s’est fixé l’objectif de réaliser au moins 700.000 tests virologiques par semaine.

Au 8 juin toutefois, le bilan diffère légèrement : « Nous ne faisons pas aujourd'hui les 700.000 tests [par semaine, ndlr], parce que le virus circule très peu. Quelques centaines de diagnostics sont effectués chaque jour, mais avec seulement 1 % et quelques de positivité », note Olivier Véran.

Le 20 juillet, il annonce même qu’il compte lever toute obligation de prescription pour les Français qui souhaitent bénéficier de tests PCR. « On l’a vu en Île-de-France : quand on propose à un million et demi d'habitants d'être testé, beaucoup de gens veulent être testés au même moment, au même endroit. Il y a un effet de saturation qu'il faut éviter. »

« On ne peut pas davantage augmenter le nombre de tests »

Le 5 septembre, Olivier Véran déclare que le gouvernement a augmenté la quantité de tests faits pendant l’été de presque 100.000 par semaine. « On est arrivé au million », se félicite le ministre de la Santé. Avant d’ajouter : « Que les Français se rassurent : d’ici deux ou trois semaines, l’accès aux laboratoires sera de nouveau facilité. »

Le dernier mot est donné trois jours plus tard, et le constat est sans appel : « On ne peut pas davantage augmenter, en tout cas pas massivement, le nombre de tests, donc c’est sur la priorisation qu’il faut travailler », indique Olivier Véran.

Maud Le Rest

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Brut.