Des marques de vêtements pour enfants qui cassent les stéréotypes

Pendant ce temps-là à Bordeaux, Julia a lancé sa marque de vêtements non genrés pour enfants, afin de casser les stéréotypes. "On peut changer par rapport à ces questions-là, on peut tous et toutes évoluer. Moi-même, j'étais très sexiste."

Des vêtements non genrés pour rétablir l’égalité entre les enfants

À Bordeaux, Julia, entrepreneuse d’origine brésilienne, vient de lancer sa marque de vêtements non genrés pour enfants. Son but : lutter contre les stéréotypes.

« Mon objectif, c’est de toucher les gens qui n’étaient pas sensibles à ça. Ou les gens qui pensent, tout de suite, qu’on va dans l’extrême, que ça fait peur. Les gens qui pensent qu’on va dire qu’il n’y a plus de garçons, qu’il n’y a plus de filles, qu’une fille ne peut plus mettre de jupe, du rose, de paillettes, ou qu’un garçon ne peut plus jouer avec ses super-héros et des jouets "de garçon". » Julia milite par le vêtement. Pour elle, les inégalités de genre commencent dès le plus jeune âge, et elle entend corriger ce biais grâce à sa marque de vêtements.

« OK, on veut l’égalité, mais qu’est-ce qu’on propose ? »

« Avant, il n’y avait pas ce choix-là, mais maintenant, on l'a. J’ai voulu représenter un garçon qui fait de la danse classique parce que c’est moins courant, parce qu’on ne le voit pas, parce que les vêtements pour enfants sont toujours très codés par rapport au genre. Quand j’ai créé ma marque, c’était surtout parce que je voulais faire partie du changement et proposer quelque chose de concret. OK, on veut l’égalité, mais qu’est-ce qu’on propose comme choix de consommation ? »

« Je n'ai aucun problème à dire que je suis féministe. À la base, c’est mon envie de parler d’égalité, de proposer du débat et du choix par rapport aux enfants et à leur éducation, et de parler d’éducation non sexiste qui m’a poussée à créer mon entreprise. Je crois vraiment en mon projet, parce que je sais qu’on peut changer par rapport à ces questions-là. Ce n’est pas figé : on peut toutes et tous évoluer. Moi-même, j’ai grandi dans un pays très sexiste, et j’étais très sexiste. Je me rends compte qu’il y a quelques années, je ne voyais pas les choses de la même façon. Comme quoi, à force de lire, de s’informer, de discuter, de réfléchir… Je ne suis plus du tout la même Julia qu’il y a sept ans, quand je suis arrivée en France. »

« Les enfants doivent pouvoir explorer tout le champ des possibles »

D’après Astrid Leray, formatrice et consultante spécialisée dans les études sur les stéréotypes de genre, « l’idée, ce n’est pas de non-genrer les choses et de non-genrer les enfants ». Pour l’experte, « les garçons et les filles ont un sexe, et il faut qu'ils apprennent à nommer leur corps ». « Par contre, je pense que les traits de caractère et les compétences doivent être non genrés. Les enfants doivent pouvoir explorer tout le champ des possibles. Une Barbie et un G.I. Joe ne doivent pas être genrés. »

« Le fait que les filles aient moins de modèles fait qu’on va plutôt les orienter vers la verbalisation, la coopération, alors qu’on va plutôt pousser les garçons vers la compétition, le dépassement de soi, l’extérieur. Les filles doivent apprendre à être jolies, à bien se regarder dans le miroir, à faire une jolie coiffure. Tout ça mis bout à bout, ça donne des petites filles qui comprennent qu’elles doivent être sages, aidantes et jolies, mais qui n’ont pas forcément confiance en elles. Et puis, des garçons qui apprennent qu’ils doivent être des petits durs, courir partout et être les meilleurs en sport, mais n’apprennent pas forcément à verbaliser leurs émotions, ni à être très empathiques. Je caricature, mais l’idée, c’est ça. »

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Brut.
30 janvier 2020 19:59