France : la congélation des ovocytes bientôt accessible à toutes ?

Congeler ses ovocytes en France, c'est interdit, sauf pour raison médicale. Mais le projet de loi sur la bioéthique pourrait bientôt tout changer…

France : la congélation des ovocytes bientôt accessible à toutes ?

Congeler ses ovocytes en France, c'est interdit, sauf pour raison médicale. Mais le projet de loi sur la bioéthique pourrait bientôt tout changer…

La fertilité des femmes commence à décliner dès 35 ans parce que leurs ovules, ou ovocytes, vieillissent. Quand Myriam Levain s’en rend compte, elle commence à s’interroger sur « l'autoconservation des ovocytes ». Myriam Levain décide alors de faire congeler ses ovocytes en Espagne, à Barcelone. De nombreuses femmes se rendent aussi en Belgique pour congeler leurs ovocytes, parce qu’en France, c'est interdit, sauf pour raison médicale. Mais le projet de loi sur la bioéthique prévoit de rendre cette technique accessible à toutes les femmes.

« Pour éviter l'infertilité des femmes parce qu'elles commenceraient à faire leur premier enfant très tardivement, nous proposons aux femmes, comme ça se fait dans beaucoup de pays, de pouvoir congeler leurs ovocytes, en prévision d'une grossesse qui serait plus tardive » a déclaré Agnès Buzyn, ministre de la Santé, au micro de France Inter. Le projet de loi permettrait aux femmes de congeler leurs ovocytes dès 30 ou 32 ans et jusqu'à 37 ans. L'implantation des ovocytes pourrait avoir lieu jusqu'à 42 ans.

Se rendre à l’étranger pour pratiquer une autoconservation d’ovocytes est loin d’être facile : « J'ai dû suivre un traitement hormonal pendant 10 jours (…) pour produire le plus d'ovules possible » raconte Myriam Levain. Myriam Levain a ensuite dû attendre que la clinique espagnole l’appelle et prendre un avion, du jour au lendemain, pour y subir une intervention chirurgicale avec anesthésie générale. « Donc c'est quand même pas léger comme intervention » précise Myriam Levain. « Si on légalisait cette autoconservation on pourrait le faire en France, ne pas avoir à voyager, dormir chez soi… » ajoute Myriam Levain.

En Espagne, la conservation d'ovocytes dans des cliniques spécialisées coûte 2500 € en moyenne pour une période de cinq ans. Le projet de loi français propose une prise en charge de la procédure « mais le coût de la conservation des gamètes qui est autour, je crois, d'un peu moins de 100 euros par mois, sera par contre à la charge des personnes qui voudront conserver leurs gamètes de façon à les responsabiliser sur le fait que ça a un coût et que ça ne peut pas durer des années sans qu'on ait un regard sur l'intérêt de cette autoconservation » a précisé Agnès Buzyn, ministre de la Santé.

Ce projet de loi doit être encore débattu à la rentrée. Mais avoir recours à l'autoconservation d’ovocytes ne veut pas dire que la femme pourra forcément être enceinte plus tard. De nombreux facteurs rentrent en compte : compatibilité avec le sperme du partenaire, fausses couches, âge d’autoconservation des ovocytes, âge de la FIV… « Les médecins le disent eux-mêmes qu'il reste beaucoup de mystères autour de la fertilité et de la maternité. C'est accepter aussi cette part d'incertitude que de se lancer là-dedans. Mais c'est certainement pas une assurance bébé » conclut Myriam Levain.

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Brut.