L'histoire de Malik Oussekine, jeune étudiant tué par la police

En 1986, Malik Oussekine, étudiant de 22 ans, est tué par la police. Faïza Guène et Lina Soualem ont créé la série “Oussekine”, tiré de son histoire.

“Il a été battu à mort dans un hall dans le quartier latin”

“Malik Oussekine, c’est un étudiant de Dauphine, né à Versailles, qui a 22 ans en 1986 et qui, le 5 décembre, en sortant d’un club de jazz du quartier latin, se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment” explique Faïza Guène, co-scénariste de la série “Oussekine”.

A l’époque, on compte de nombreuses manifestations étudiantes contre la loi Devaquet. Ces manifestations s’intensifient le jour du drame.

“Donc, il se trouvait dans ce quartier et il a été pourchassé et battu à mort dans un hall du 20 rue Monsieur-le-Prince dans le quartier latin” précise Faïza Guène.

“Les policiers qui ont battu à mort Malik, c’étaient des policiers d’une brigade qui était le peloton des voltigeurs motorisés, qui a disparu, sous sa forme de l’époque en tout cas.”

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“Si le témoin n’avait pas été là, personne n’aurait su”

“Le fait qu’on puisse savoir ce qu’il s’est passé ce jour-là, c'est parce qu’il y avait un témoin dans ce hall et c’est juste pour ça qu’on a su ce qu’il s’est passé” déclare Lina Soualem, co-scénariste de la série.

“S’il n’avait pas été là, personne n’aurait su. Ça aurait été un énième cas de jeune mort sous les coups de la police sans qu’on n’en parle” précise Lina Soualem.

Le même soir, “un autre jeune homme est abattu par un policier à Pantin, qui s’appelle Abdel Benyahia. Cette affaire n’a pas bénéficié du même traitement médiatique, donc on a oublié ce nom hélas” ajoute Faïza Guène.

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“La réalité raciste et la violence étatique et policière… Malheureusement, ça résonne avec beaucoup de choses qu’on voit aujourd’hui”

Lina Soualem : “Finalement, les membres de sa famille ont eu un procès où il y a un semblant de justice et un goût d’injustice, parce que même si les policiers sont condamnés symboliquement, ils ne vont pas en prison.”

35 ans après les faits, à travers la série “Oussekine”, les deux femmes réalisatrices ont souhaité mettre en lumière “cette affaire qui n’est pas enseignée dans l’histoire contemporaine française, ni politique, ni sociale”.

“C’était un garçon de 22 ans qui avait des rêves et des ambitions et qui s’est fait complètement happé par la réalité raciste et la violence étatique et policière de l’époque, et malheureusement, ça résonne beaucoup avec beaucoup de choses qu’on voit aujourd’hui” déclare Lina Soualem.

“On va sortir enfin d’une espèce de légende selon laquelle les violences policières, ça existe qu’aux États-Unis. Le nom de Malik Oussekine va résonner à travers le monde. Pour nous, symboliquement, c’était vraiment quelque chose d’important” ajoute Faïza Guène.

La série “Oussekine” est disponible sur Disney+.

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Brut.