Le témoignage du député Raphaël Gérard, atteint de Covid long

"Ma liberté aujourd'hui, c'est 30 centimètres de câbles et 3 kilos de matériel que je porte jusqu'à la fin de mes jours." Atteint de Covid long, le député LREM de Charente-Maritime Raphaël Gérard a tenu à témoigner à l'Assemblée nationale lors du débat sur le pass vaccinal.

“Je me pose la question de savoir si je vais repartir dans le même enfer”


“Chers collègues, attention, on est en train de parler d'un sujet qui a fait 130 000 morts, qui a fait des dizaines de milliers de personnes qui, comme moi, vont devoir vivre jusqu'à la fin de leurs jours avec les conséquences du covid.” Voici le début du témoignage de Raphaël Gérard, député LREM. Lors du débat sur le pass vaccinal à l’Assemblée nationale, l’homme politique a souhaité témoigner de son Covid long, dont il est atteint, des dangers de ce virus, et des nécessités pour s’en protéger.
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“Donc aujourd'hui, on est en train de parler de comment est-ce-qu'on met tout en œuvre pour éviter que ça arrive? Alors, on peut parler de liberté. On peut brandir la liberté dans tous les sens. Mais la liberté, ça n'est pas un ensemble de droits, c'est un ensemble de devoirs et un ensemble de droits. C'est un équilibre juste entre les droits et les devoirs”, explique-t-il.
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“Ma liberté aujourd'hui, c'est 30 centimètres de câbles et 3 kilos de matériel”


“Ma liberté aujourd'hui, voyez, elle est là, c'est 30 centimètres de câble et 3 kilos de matériel que je porte 24 heures sur 24 jusqu'à la fin de mes jours”, dit-il, en montrant une lourde sacoche qu’il porte avec lui en bandoulière. “C'est ça la réalité, c'est la mienne et c'est celle de dizaines de milliers de personnes dans ce pays dont la vie a été bouleversée par une épidémie.”
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“Aujourd'hui, ces personnes, elles sont fragiles. Quand vous regardez les publics qui sont en réanimation. Vous avez une part importante 80% de non vaccinés et 20% de gens qui, comme moi, n'ont pas envie de revivre ça. Et je peux vous assurer qu'à aucun moment je n'ai envie de revivre ça et que chaque fois que je sors dans la rue, je prends les transports, puis je prends le train. Je me pose pas la question de savoir si je peux manger ou pas des cacahuètes. Je me pose la question de savoir si je vais sortir sain et sauf de ce train ou si je vais repartir dans le même enfer”, alarme-t-il.
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Il tient à interpeller sur toutes les victimes de cette pandémie du Covid-19 en France. “C'est ça la réalité et c'est ça qu'il faut mettre en avant. Alors on peut gesticuler. Vous pouvez continuer à gesticuler toute la nuit, mais chacune de vos gesticulations est une insulte aux 130.000 personnes qui sont mortes. Chacune de vos vociférations, de vos exagérations, est une est un coup de poing dans le ventre aux personnes comme moi qui doivent vivre avec ça et qui sont des dizaines de milliers dans ce pays. Des centaines de milliers peut-être.”
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“Évitons les malades qu'on pourrait éviter”


Le député fait aussi un aparté sur le personnel soignant, submergé dans les hôpitaux par les cas graves. “Et enfin, vous prétendez défendre les soignants aujourd'hui sont les premiers à dire assez. Évitons les malades qu'on pourrait éviter, évitons de surcharger. La question n'est pas tant la question des lits. C'est la question des personnes qui sont autour des lits. Et ces personnes, j'ai vécu avec elles pendant 6 mois, 6 mois de ma vie, j'ai été, j'ai été entre les mains de ces personnes et je connais leur dévouement. Je connais leurs angoisses, je connais leur désespoir.”
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“Alors arrêtez s'il vous plaît, d’essentialiser tous les sujets, de nous faire croire que vous avez les réponses. Si vous aviez les réponses, vous les auriez proposées plutôt que de critiquer sans jamais rien proposer de constructif et qui corresponde aux attentes de nos concitoyens”, conclut-il.
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Brut.