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Mia milite contre la loi prostitution de 2016

Cette travailleuse du sexe fait partie des 250 requérants qui attaquent la France devant la Cour européenne des droits de l'Homme.

Mia, travailleuse du sexe, réclame la dépénalisation des clients

Elle fait partie des 250 requérantes qui attaquent la France à la Cour européenne des droits de l’Homme concernant la loi de pénalisation des clients.

« Moi, c’est Mia. Je suis travailleuse du sexe depuis cinq ans parce que ce métier me convient. Aujourd’hui, je fais partie des 250 requérantes qui attaquent la France à la Cour européenne des droits de l’Homme concernant la loi de pénalisation des clients de 2016. Cette loi ne fonctionne pas par rapport aux objectifs de ses défenseurs : il n’y a pas moins de traite, il n’y a pas moins d’exploitation, il n’y a pas moins de violences, au contraire. »

« On nie notre existence »

En France, depuis 2016, ce ne sont plus les prostituées et les prostitués, mais les clients qui sont sanctionnés. L’objectif est de lutter contre la prostitution.

« Par cette loi, il y a une inversion de la charge pénale dans le milieu du travail du sexe. Avant, les prostituées étaient passibles d’une amende pour le délit de racolage instauré sous Sarkozy. Donc là, il y avait pas mal de dérives aussi, c’est-à-dire que tout pouvait être du racolage. Si vous étiez assise sur un banc ou debout au bord de la route habillée un peu sexy, paf ! Contravention. Maintenant, on a inversé la charge pénale, c’est-à-dire que les prostituées ne sont plus coupables : elles sont devenues victimes. On nie notre existence par le côté absurde de cette loi. C’est-à-dire qu’on a le droit d’exercer, mais que notre client n’a pas le droit de venir nous voir. »

Les clients s’exposent à une amende de 1.500€, qui peut aller jusqu’à 3.750€ en cas de récidive. Plusieurs associations et ONG, dont Médecins du monde, le Planning familial et le Syndicat du travail sexuel (Strass), ont alerté les pouvoirs publics sur les répercussions de cette loi.

« À peu près 50 % des clients ne viennent plus »

« Au niveau de la sécurité, on recule là où il n’y a plus personne pour voir le client, et plus personne pour nous aider. Ça nous entraîne encore plus dans la clandestinité. On voudrait par cette loi combattre la traite, combattre la violence, mais en fait, ces violences sont augmentées, car on est dans la clandestinité. On se cache, on protège nos clients, parce qu’on veut travailler, on veut gagner notre vie. À peu près 50 % des clients ne viennent plus, donc on se retrouve avec les mauvais clients, ceux qui négocient les tarifs, négocient le préservatif. Ils se sentent dans une sorte de rapport de force, parce qu’ils sont pénalisables. »

« C’est vrai qu’il y a des côtés de ce métier qui sont vraiment horribles et sordides. Mais ce vers quoi on tend, c’est sordide aussi. Là, actuellement, il y a vraiment une hausse des violences et des agressions. Dans le 20h, on peut entendre : “Une prostituée a été retrouvée découpée en morceaux dans le Rhône”, et hop, après, on change de sujet. Ça nous met vraiment dans un état insécuritaire. On se demande qui sera la prochaine. »

78 % des travailleurs du sexe affirment que leurs revenus ont baissé, et 42 % déclarent être de plus en plus exposés aux violences, selon une enquête de Médecins du monde publiée en avril 2018. La loi de 2016 prévoit aussi une allocation de 350€ mensuels pour les personnes qui souhaitent cesser cette activité.

« J’en avais marre du sexe bénévole »

« Des collègues font ça parce que ça leur convient. D’autres parce qu’elles aiment leur métier. Moi, j’en avais marre du sexe bénévole. J’en avais marre de toute cette gratuité. Je me rendais compte que j’adorais ça, et un jour, j’ai eu envie d’en faire mon métier, parce que pourquoi pas ? Après, il y en a d’autres qui voudraient arrêter. Et ces personnes-là, il faut les aider, bien sûr. Il faut leur proposer une reconversion grâce à une allocation conséquente. On peut très bien gagner notre vie et pour arrêter, il faut l’appât du gain. On est très vite prises dans un engrenage qui fait qu’on a envie de continuer. Nous mêmes au sein de notre communauté, on n'est pas forcément toutes d’accord. »

En France, le nombre de travailleurs et travailleuses du sexe est estimé à 40.000. Certains d’entre eux dénoncent une atteinte à la liberté d’entreprendre et réclament plus de droits.

« On voudrait la décriminalisation complète du travail sexuel, la dépénalisation et l’accès au droit commun. Comme tous les autres travailleurs français. Si on en parlait, si on pouvait exercer, on pourrait aussi être plus libre « d’avouer » ce qu’on fait. Dire : « Je vis de ça, ça me plaît ». Ou non d’ailleurs ! On n'est pas obligés de faire un métier qui nous plaît. Plein de gens font un métier qui ne leur plaît pas. »

22/01/2020 12:56mise à jour : 22/01/2020 13:16
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800 commentaires

  • Pierre S.
    10 heures

    Je ne comprends pas qu'on ne légalise pas cette activité. Cela générerait des recettes fiscales via les revenus des travailleuses, elles pourraient cotiser sur une caisse, des emplois pourraient être créer ( agent de sécurité, standardistes.......)

  • Dylan G.
    un jour

    Personnellement j'ai été élevé à la vieille école, ça va sûrement vous paraître vieillot mais chez moi on apprend au garçon très jeune a respecter les femmes et au jeune fille à ce respecté elle même. Mais bon aujourd'hui avec le "progressisme" j'ai la curieuse impression qu'on cherche à valorisé toutes les déviance et la perversité sous couvert d'ouverture d'esprit. Il suffit de voir des obscénité comme le film "cuties" ou encore des interviews de féministes, outré qu'on ne prennent pas assez leurs vagin en compte dans l'imaginaire collectif 🤷🏻‍♂️ Maintenant on essaye de nous faire croire que baisé avec n'importe qui pour de l'argent c'est un métier honorable... Bref, je vous laisse avec votre "ouverture d'esprit". Moi de mon côté quand j'aurai des enfants je leurs apprendrait à ce respecté et à avoir plus d'ambition dans la vie que de faire le tapin sur le trottoir 😉 (oui je sais je suis bizarre).

  • Damien J.
    2 jours

    Il faut remettre les maisons closes et que se soit l'état français qui gère tout ça

  • Jawad H.
    3 jours

    Dommage..Elle s'exprime bien..très équilibrée dans ses paroles..Elle aurait dûe être à la place de l'un des politiciens corrompus... Je me demande pourquoi elle n'a pas trouvé un job dans un établissement où une entreprise...!?? Je déteste voir un homme et surtout une femme avec un minimum de compétences mais exerçant malheureusement un métier inadéquat...Luttons contre l'exploitation sexuelle des femmes .. !!!

  • Valentin V.
    7 jours

    Amsterdam j'arrive. 🍑 + 🍁 combo parfait

  • Clement D.
    12/09/2020 16:02

    mon business...

  • Patrick A.
    11/09/2020 16:53

    Proxénétisme ok toute personne touchant de l'argent d Une prostitué tombe sur le coup de proxenetisme voilà ce que dis la loi. Conclusion le gouvernement st des maquereaux puisqu' elle paie des impôts

  • Nico P.
    08/09/2020 14:49

    Je comprend pas pourquoi ils luttent contre la prostitution en général et non contre la prostitution forcée ou exploitée, mettez en place des lieux comme des maisons closes sécurisées et légales qui permettent aux femmes et hommes qui se prostitue par envie et par choix de faire ce qu’ils veulent non ? C’est moi qui suis con ? 🤷🏼‍♂️

  • Alice G.
    07/09/2020 14:27

    Quel peine. Faut interdire la prostitution et basta. Ça leur convient de se manquer de respect à causes de leurs traumatismes dans leur enfance? Profiter de la misère humaine c'est inacceptable.

  • Djamel E.
    04/09/2020 06:43

    C'est pas une actrice qui à participer dans le film de jack mesrine ennemi public dans le rôle de sa fille .....

  • Mbb M.
    03/09/2020 20:37

    La morale avant les faits, je préfère une femme en bonne santé que la barbarie constaté aux jours le jours... Régulation de la prostitution plutôt que l interdiction... (ps: je ne suis pas client)

  • Lotus S.
    31/08/2020 08:45

    La france, poubelle de l'Europe. ue ce soit en loi ou politique.

  • Malek B.
    31/08/2020 01:09

    Comment tu voit la prostitution comme quelque chose que tu convient ?! C'est totalement non accepter par moi-même. Faite ce qu'ont peut nommer un travail honorable et c'est tout, c'est assez simple.

  • Kader C.
    30/08/2020 05:08

    Ah Ah

  • Amadou S.
    24/08/2020 00:11

    Cv

  • Marie M.
    23/08/2020 16:53

    La prostitution est un commerce. Il se règle par la demande et l'offre. La demande baissée, vous l'offre est en surnombre, conséquence plus de concurrence entre vous, baisse de prix et de conditions. C'est la loi du marché. Punir le client, ce loi existe aussi ailleurs.

  • Ludo M.
    22/08/2020 18:14

    En France ils aiment la pédophilie plus que le Foot

  • Jérémy B.
    22/08/2020 17:45

    Du coup on peut autoriser aussi le trafic d’organes et d’être humain si tous le monde veut bien? Puisque tant qu’on veut bien on accepte tout et n’importe quoi en France bon ?

  • Audrey V.
    22/08/2020 13:19

    Mes respects !

  • Fabienne B.
    22/08/2020 11:25

    C'est ça. Pays de fojeton!!! Reouverture des maisons. Pour le bien des travailleuses et le collectif.

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