Qu’est-ce que le nationalisme corse ?

Origines et revendications, retour sur l’histoire du nationalisme corse, suite à l’agression violente d’Yvan Colonna en prison.

Tout a commencé dans le village d'Aleria en 1975

Depuis l’agression d’Yvan Colonna, les manifestations se succèdent en Corse. “Il faut se poser des questions, les bonnes questions, peut-être que la violence qu’on décrit tout le temps, elle sert à quelque chose malheureusement” expliquait un manifestant.

Yvan Colonna, c’est un militant indépendantiste condamné à perpétuité pour l’assassinat du préfet de Corse Erignac en 1998. Retour sur l’histoire du nationalisme corse.

Tout a commencé à Aleria, un petit village de Haute-Corse en 1975. Le 22 août, des militants de l’Action pour la Renaissance de la Corse (ARC) occupent la ferme d’un viticulteur pied-noir.

Revendications de l’ARC

“Il n’y a pas d’esprit de provocation, il y a simplement la volonté affirmée d’élargir la lutte pour la corsisation des emplois, la défense de l’identité culturelle, la charte de retour des exilés” affirmait Edmond Siméoni, fondateur de l’ARC, avant de poursuivre :

“On a parlé de prise d’otage, on a parlé de fusils mitrailleurs, alors que vous pouvez le constater de visu, il s’agit essentiellement d’armes de chasse”.

L’armée est envoyée pour les déloger. Deux gendarmes trouveront la mort dans l’assaut.

Création du FLNC et assassinat du préfet Erignac

En 1976, le Front de libération nationale corse (FLNC) est créé.

Leur mode opératoire, ce sont les “nuits bleues”, c’est-à-dire des attentats simultanés à l’explosif contre des banques, des bâtiments administratifs et des résidences secondaires.

Le 6 février 1998, le préfet Erignac est assassiné en plein centre d’Ajaccio. Pour ce crime, Yvan Colonna sera condamné à la perpétuité en 2007.

Découvrez l’hommage de Dominique Erignac à son mari, le préfet de Corse Erignac.

De son côté, le pouvoir reste inflexible. “La Corse et les Corses ont besoin que soit mis définitivement un terme à la violence qui sape les fondements mêmes de la paix sociale sur l’île” a déclaré le président de la République française, Jacques Chirac, en 2002.

Mais en Corse, les “natios” poursuivent leurs actions violentes. Dans la nuit du 7 au 8 décembre 2012, une vingtaine d’attentats sont perpétrés contre des résidences secondaires.

Victoire des nationalistes aux élections régionales

En 2014, le FLNC décide de changer de stratégie : le 25 juin, l’organisation dépose les armes pour apparaître au grand jour.

Un an plus tard, les nationalistes emmenés par Gilles Simeoni remportent les élections régionales.

Le 10 décembre 2017, la coalition nationaliste remporte largement les élections pour la nouvelle collectivité unique.

“Paris a aujourd’hui à prendre la mesure de ce qui se passe en Corse qui est quelque chose de profond et donc oui, la balle est largement dans le camp de Paris et plus précisément encore sans doute du président de la République” explique Gilles Simeoni, tête de liste nationaliste de “Pè a Corsica” en 2017.

Violente agression d’Yvan Colonna et nouvelles manifestations

Le 2 mars 2022, Yvan Colonna est agressé par un codétenu à la prison de Arles. Il est hospitalisé dans un état grave.

Depuis, des manifestations sont organisées un peu partout sur l’île. Dans plusieurs villes, des affrontements violents opposent des manifestants aux forces de l’ordre.

“En une semaine, les jeunes ont obtenu ce que personne, ce qu’aucun élu n’a obtenu pendant 7 ans. Donc le peuple corse est dans la rue, c’est comme ça, et il faut que les actions se poursuivent” commente une manifestante.

La Corse, c’est la première région d’Europe en nombre de règlements de compte. L’île est notamment frappée par la mafia. Découvrez notre vidéo sur la Corse face à la mafia.

C’est en 1768 que la France a été rattachée à la France.

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Brut.