Si je vous dis "consentement", vous pensez à quoi ?

Si je vous dis "consentement", vous pensez à quoi ? Pour Brut, Camille Aumont Carnel du compte Jemenbatsleclito a posé la question à des lycéens…

Si je vous dis “ consentement”, vous pensez à quoi ?

Qu’est-ce que le consentement ? Camille, créatrice du compte instagram “Je m’en bats le clito” pose la question à 6 ados. Brut a pu assister à la discussion.

La définition du consentement

Esther, 16 ans, se lance : “ C’est un accord pendant une relation sexuelle, que ce soit dit ou pas dit (…) Il faut aussi pouvoir être en capacité de dire oui ou non, et pas être sous l’emprise de substances.

Zoé, 16 ans également, rappelle le droit de changer d’avis : “Il peut y avoir un oui, et au final c’est non.” Camille, créatrice du compte instagram “Je m’en bats le clito” réfléchit avec les adolescents à la pression sociale induite par la sexualité. “Comment dire non sans passer pour un ou une coincée ?” demande-t-elle aux jeunes.

La notion de viol

Sacha, 16 ans, affirme : “ Quand on te touche mais que tu en as pas envie, c’est un viol.” Pas exactement. Camille corrige : Pour qu’il y ait viol, il faut qu’il y ait pénétration dans la bouche, le vagin ou l’anus. Qu’est-ce que la sidération ? Esther propose : “C’est une réaction qui consiste à ne rien faire, alors que la situation ne te plait pas, mais tu freezes, tu ne fais rien.” “c’est comme une surchauffe (…) tu ne peux plus réagir”, précise Camille.

L’information et la prévention autour du consentement

C’est avec #MeToo que ma génération a découvert ce que c’est que le consentement”, se souvient Jules, 18 ans. Esther déplore de trop nombreux tabous au sein de l'école : “On ne parle jamais de consentement, jamais de pornographie.

Camille explique avoir mené une enquête auprès de sa communauté Instagram, dont une grande partie a entre 13 et 17 ans. Lorsqu’elle demande pourquoi ils consomment de la pornographie, ils répondent que c’est "pour apprendre”. Zoé parle du danger de ce phénomène : “C’est comme si tu apprenais à aimer avec des films romantiques, c’est comme si tu apprenais à aimer avec des films d’actions, c’est faux !” La jeune fille évoque également l’orientation de la pornographie, souvent dédiée au plaisir de l’homme, objectifiant la femme.

Esther ajoute : “On apprend à la femme que sa seule valeur est sexuelle.

Rebecca, 15 ans, rappelle qu’une pression peut aussi être ressentie pour les hommes qui peuvent être entraînés à avoir ce comportement de domination, sous peine d’être moqués : “Tu peux aussi avoir la réputation d’être un canard, un vieux mec parce que tu n’as pas fait telle ou telle chose à la fille.

Le harcèlement de rue

Ça arrive tout le temps, et même quand ca n’arrive pas, c’est une peur en permanence”, réagit Esther. Selon Sacha, les hommes qui harcèlent dans la rue “se sentent supérieurs à la femme”. Lorsque Zoé déclare “Ils ne se rendent pas compte du traumatisme que ca peut créer aux femmes”, il exprime son désaccord : “Ils le savent très bien, et c’est justement aussi ça qu’ils cherchent.

La peur de mal faire et la peur de ne rien faire

“Avez-vous déjà eu peur d’aller trop loin avec une nana ? “ demande Camille. “Ce n’est pas vraiment une peur, c’est plutôt une interrogation”, explique Jules. “Être bien sûr qu’on est pas dans le mal, dans quelque chose qui va nuire à la personne”, ajoute-t-il. Quant à la virginité, Sacha parle d'une pression au sein des groupes de garçons : "Si tu es le dernier a n'avoir rien fait, tu n'es pas validé.” Les garçons évoquent les contradictions sociales autour de la sexualité masculine : Se faire accepter tout en respectant ses valeurs, répondre à la pression de la virilité sans tomber dans le machisme, draguer sans être “relou”.

Avec toutes ces questions que se posent notre génération, est-ce que ça peut changer ? moi, je pense que oui”, affirme Jules.

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Brut.