Un an après "Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste"

Voici ce qui a changé en un an depuis la diffusion du documentaire sur le sexisme rencontré par certaines femmes journalistes sportives.

“L’impact a dépassé les limites du sport”

“L’impact a dépassé les limites du sport. J’ai rencontré plein de femmes qui m’ont dit : “C’est bien d’avoir libéré la parole, parce que nous, dans notre milieu, c’est pareil” explique Margot Dumont, journaliste à beIN SPORTS. La sortie du documentaire, coréalisé par Marie Portolano, a également eu des répercussions sur la carrière de certaines journalistes qui ont parlé. C’est le cas d’Amaia Cazenave, cheffe adjointe des Sports au Parisien : “Moi, il faut savoir que quand le doc est passé, il y a des gens qui ont arrêté de me parler, de m’adresser la parole. Je crois que le pompon, ça a été quand j’ai appris que les personnes mises en cause avaient reçu un soutien psychologique. On a salué leur dignité quand elles ont dû quitter la rédaction. Même si on est un groupe, on affronte individuellement cette tempête, quoi ! Et ça, c’était super difficile”. ”Salope”, “chienne”, “pute”… d'où viennent les insultes sexistes ? Réponse d’une linguiste

“J’ai quand même le sentiment que certains confrères et collègues n’ont pas le même ton aujourd'hui qu’avant le documentaire. Ils n’osent peut-être pas dire les choses” ajoute Margot Dumont, journaliste à beIN SPORTS. Cécile Grès, journaliste rugby à France Télévisions, regrette cependant que pour certaines hommes “au lieu de s’intéresser à la souffrance qu’on raconte, ils s’intéressent aux conséquences qu’elle va avoir sur eux”. “Nous, on est autour de 10 % de femmes dans les rédactions de sport. Donc pour moi, c’est le point crucial, en fait. C’est qu’on est trop isolées. Mais en fait, la révolution est en marche et ça, personne ne peut l’arrêter !” conclut Laurie Delhostal, présidente du collectif Femmes journalistes de Sport Sport et sexisme : il y a encore du boulot

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Brut.