La famille d'El Hacen Diarra, mort dans un commissariat parisien, dénonce des violences policières

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La famille d'El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans mort dans la nuit de mercredi à jeudi pendant sa garde à vue dans un commissariat parisien, a porté plainte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort", a annoncé samedi son avocat Me Yassine Bouzrou.
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Cette plainte s'appuie notamment sur une "vidéo (montrant) des violences commises sur lui lors de son interpellation", a relevé Me Bouzrou. Sur ces images, filmées de nuit, on distingue deux policiers, dont l'un, à genoux, donne un coup de poing en direction d'un homme plaqué au sol, avant l'arrivée de leurs collègues en voiture, une minute plus tard.

Le dépôt d'une plainte "s’impose face à l’absence de saisine d’un juge d'instruction par la procureure de la République, alors que les circonstances de ce drame sont marquées par des preuves accablantes", souligne Me Bouzrou dans un communiqué.

"Des témoins ont vu une mare de sang sur les lieux de l’interpellation, attestant de la violence extrême subie par El Hacen Diarra", poursuit l'avocat.

"À son arrivée au commissariat (du XXe arrondissement), les policiers eux-mêmes ont estimé nécessaire une hospitalisation immédiate", dénonçant des "violences graves" lors de l'interpellation et "peut-être" au sein du commissariat.

Enquête de l'IGPN

Après le décès d'El Hacen Diarra, une enquête en "recherche des causes de la mort" a été confiée à l'IGPN, la police des polices. Selon le parquet de Paris, les policiers avaient contrôlé El Hacen Diarra après l'avoir "vu rouler un joint de cannabis".

"Indiquant avoir été confrontés au refus de se soumettre aux palpations, les policiers ont procédé à l’interpellation du suspect, qui a chuté au sol, entraînant deux policiers dans sa chute à deux reprises. Un policier a indiqué avoir fait usage du taser, le touchant notamment à la cheville", a rapporté le parquet.

"Interpellé à 22h45, (il) a été conduit au commissariat sans autre incident au cours du transport. Le dépistage alcoolémique de la personne gardée à vue s’est avéré négatif. (...) Son transport à l’hôpital a été requis par l’officier de police judiciaire en raison de la plaie qu’il présentait à l’arcade", selon la version du parquet.

"Alors qu’il était en attente sur un banc du commissariat, (il) a été vu faire un malaise, son arrêt cardio-respiratoire a été constaté, et un policier a débuté un massage cardiaque, poursuivi par les pompiers à leur arrivée à 23h45. Le décès de la personne a été constaté à 00h20", a expliqué le parquet à l'AFP.

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