Lecornu signe deux décrets de "réforme" de l'Aide médicale d'Etat pour les sans-papiers

Crédit : Antoine Gyori/Corbis via Getty Images
Sébastien Lecornu annonce qu'il a signé deux décrets qui vont réformer l'Aide médicale d’État aux immigrés sans papiers, dont l'un "renforce la lutte contre la fraude" et l'autre facilite l'accès informatique des consultats, sans toucher pour l'instant au "panier de soins".
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Ce dispositif qui permet aux étrangers en situation irrégulière et aux faibles revenus d'avoir leurs soins de santé pris en charge "est, contrairement à ce qu’avance le RN, absolument indispensable d’un point de vue sanitaire. Il faut donc le conserver" mais aussi "le réformer", affirme le Premier ministre dans un entretien à la presse quotidienne régionale mis en ligne samedi.

"Je viens donc de signer deux décrets (...) qui paraissent au Journal officiel de ce dimanche", précise-t-il. 

Le premier "renforce la lutte contre la fraude" dans les dossiers déposés, "avec des perspectives d'économies de 180 millions d’euros" et le deuxième "modernise les systèmes informatiques de l'État afin que tous les fonctionnaires (des consulats notamment, ndlr) en charge du dossier puissent y avoir accès", développe Sébastien Lecornu. 

Il estime qu'il "faudra sans doute" réformer le "panier de soins" auxquels ont droit les immigrés sans-papiers avec l'AME. "Mais à ce stade, les choses ne sont pas prêtes".

Sébastien Lecornu avait reçu peu après son arrivée à Matignon en septembre les auteurs d'un rapport de 2023 sur l'Aide médicale d’État, que la droite et l'extrême droite souhaiteraient réduire, voire supprimer. 

Ces auteurs, l'ancien ministre socialiste Claude Evin et le haut-fonctionnaire Les Républicains Patrick Stefanini, défendaient globalement l'AME mais préconisaient quelques adaptations concernant la liste des prestations à ne plus accorder automatiquement ou la prise en compte des ressources du foyer du demandeur pour y avoir accès.

Pour aider les préfectures à traiter les demandes en matière migratoire, il dit par ailleurs avoir demandé à ses ministres Laurent Nuñez(Intérieur) et David Amiel (Fonction publique) de "développer une application d'intelligence artificielle pour accélérer le traitement des visas et soulager le travail (des) agents".  

Cinq préfectures seront "pilotes" en 2026, notamment en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, et "une généralisation est prévue pour 2027". 

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