Le milliardaire britannique, partisan du Brexit et sympathisant du leader anti-immigration Nigel Farage, a conspué "une économie avec neuf millions de personnes bénéficiant d'aides sociales et un afflux massif d'immigrés", dans un entretien à Sky Sports diffusé mercredi.
"Les propos de Sir Jim Ratcliffe sont honteux et sèment la discorde à un moment où le football contribue tant à rassembler les communautés", a réagi Kick It Out jeudi.
L'association s'insurge face aux "chiffres inexacts qu'il a mentionnés" sur une supposée vague migratoire au Royaume-Uni et lui rappelle que "Manchester United compte des supporters très diversifiés et joue dans une ville dont l'histoire culturelle a été enrichie par les immigrants".
"Insultant, incendiaire"
Dès mercredi, le Manchester United Supporters Trust avait pris ses distances avec le fondateur du groupe pétrochimique Inéos, estimant que "les commentaires des dirigeants du club devraient faciliter l'inclusion, et non la rendre plus difficile".
Sur Instagram, un groupe rassemblant les supporters musulmans du club (Manchester United Muslim Supporters Club) s'est dit "profondément préoccupé" par ces propos, en particulier l'usage du mot "colonisé": "il fait écho au langage fréquemment utilisé dans les discours d'extrême droite qui présentent les migrants comme des envahisseurs et une menace démographique".
Le maire travailliste du Grand Manchester, Andy Burnham, s'est joint au concert des critiques jeudi sur X.
"Ces commentaires vont à l'encontre de tout ce que Manchester a toujours représenté: un lieu où des personnes de toutes races, de toutes confessions et sans confession se sont unies au fil des siècles pour construire notre ville et nos institutions, y compris le Manchester United FC", a-t-il écrit.
"Appeler à limiter les flux d'immigration est une chose, mais dépeindre ceux qui viennent ici comme une force d'invasion hostile en est une autre. C'est inexact, insultant, incendiaire et cela devrait être retiré", a ajouté le responsable politique.
Mercredi, le Premier ministre britannique Keir Starmer avait aussi appelé Ratcliffe à "présenter ses excuses" pour ses propos "offensants et erronés".








