Le Niger accuse régulièrement la France de vouloir le déstabiliser, le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, ayant même directement désigné Emmanuel Macron comme étant "le sponsor" des jihadistes de l'Etat islamique qui ont attaqué l'aéroport international de Niamey, fin janvier.
Paris, dont les soldats engagés dans la lutte antijihadiste ont été chassés du Niger fin 2023, a toujours nié toute velléité de déstabilisation du pays.
"C'est maintenant qu'on va en guerre avec la France"
Lors d'un meeting mercredi, devant des jeunes dans un stade de Niamey, le général Amadou Ibro, chef d'état-major particulier du général Tiani, a estimé que la France allait "faire la guerre au Niger" car c'est, selon lui, son pays qui serait à l'origine de "la mauvaise situation" économique dans l'Hexagone.
"Cette mobilisation, elle est faite, elle est décrétée afin qu’on se prépare pour la guerre avec la France", a-t-il déclaré en français.
"Sachez-le, on va entrer en guerre avec la France, on n'était pas en guerre, c'est maintenant qu'on va en guerre avec la France", a-t-il ajouté sous les applaudissements du public et les cris de "A bas la France".
La vidéo était abondamment partagée jeudi matin sur les réseaux sociaux.
Le Niger a rompu ses relations avec Paris depuis le putsch de 2023 et la junte revendique une politique de souveraineté en particulier sur ses matières premières, accusant l'ancienne puissance coloniale d'avoir pillé ses richesses.
À ce titre, elle a nationalisé la Somaïr, une filiale du géant français de l'uranium Orano qui a en retour engagé plusieurs procédures judiciaires.
Le Niger, qui compte poursuivre à son tour Orano pour un supposé préjudice écologique, a annoncé fin 2025 son intention de mettre sur le marché international l'uranium qu'il produit.
Une cargaison de quelque 1.000 tonnes de "yellow cake" (concentré d'uranium) est bloquée à l'aéroport de Niamey depuis plusieurs semaines.
"Nous sommes face à des gens qui, à cause de nos biens, à cause de notre richesse, veulent coûte que coûte nous ramener à (...) ce qui a fait leur prospérité", a aussi déclaré le général Ibro, mercredi.
Avant le putsch, la part de l'approvisionnement français en uranium venant du Niger, n'excédait pas 20%.








