Cinq ans après, des assaillants du Capitole célèbrent à Washington la mémoire de leurs "martyrs"

Crédit : Pixabay
Plusieurs dizaines de partisans de Donald Trump se sont rassemblés mardi à Washington pour marquer les cinq ans de l'assaut contre le Capitole, disant vouloir commémorer la mémoire des leurs "martyrs", tout en appelant le gouvernement à s'en prendre à l’opposition démocrate.
À voir également sur Brut

Parmi eux, sous le ciel gris et froid de la capitale américaine, Tami Jackson est venue du Texas pour, dit-elle, "se souvenir de ceux qui sont morts ce jour-là et célébrer le retour des gars" comme son mari Brian, présent à ses côtés, condamné pour violence contre un policier le 6 janvier 2021 avant d'être gracié par Donald Trump il y a un an.

Elle porte un T-shirt en hommage à Ashli Babbitt. Brian et d'autres partisans de Trump qualifient de "martyre" cette assaillante du Capitole abattue par un policier alors qu'elle essayait de grimper par une fenêtre vers les bureaux de Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants.

La mémoire de ce jour qui a ébranlé la démocratie américaine s'est installée au centre du mouvement MAGA de Donald Trump, qui a gracié dès son premier jour de retour au pouvoir quelque 1250 condamnés dans ce dossier en faisant d'eux des victimes d'une justice désignée comme politique, aux mains des démocrates.

"Jugés et pendus pour trahison"

Les manifestants de mardi, représentants de la frange la plus radicale de la droite américaine, demandent à leur tour des poursuites contre ces élus démocrates, l'une des pancartes mardi appelant à "arrêter (Nancy) Pelosi", figure honnie par les trumpistes.

Lunettes fumées sur les yeux et pull de la milice d'extrême droite Proud Boys sur les épaules, Al Holt appellent à ce que les élus à la tête de la commission d'enquête parlementaire sur le 6 janvier "soient jugés et pendus pour trahison."

Le rassemblement s'est notamment tenu à l'appel d'Enrique Tarrio, ancien chef des Proud Boys condamné en 2023 à 22 ans de prison pour sédition, la plus lourde peine prononcée pour l'assaut contre le Capitole, avant d'être gracié lui aussi par Donald Trump.

Rencontré par l'AFP mardi, il a dit être "encore plus fier" d'être membre des Proud boys aujourd'hui, "parce qu'on a eu ces grâces." "On est là, notre équipe dirigeante est de retour, au travail", et certains membres du groupe pourraient être candidats à des élections, explique Enrique Tarrio.

Les manifestants rassemblés devant la Maison Blanche, là où Donald Trump avait prononcé un discours enflammé le 6 janvier 2021, se sont ensuite dirigés vers le Capitole, reprenant la route qu'avaient prise les assaillants cinq ans auparavant.

Ce jour-là, des milliers d'entre eux, chauffés à blanc par les accusations sans fondement de Donald Trump sur une supposée fraude électorale, avaient pris d'assaut le Capitole afin d'empêcher la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle de 2020. 174 policiers avaient été blessés.

A voir aussi