Port du voile, tirs de policiers... : quels sont les textes que la droite va défendre à l'Assemblée ?

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De 9h00 à minuit pile ce jeudi, les parlementaires du groupe Droite républicaine auront la main sur l'ordre du jour. L'occasion, selon leur patron Laurent Wauquiez, de combattre une "inversion des valeurs", notamment sur le régalien.
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Les députés Les Républicains défendront jeudi leur "pilier" régalien, lors d'une journée réservée à leurs textes allant des conditions de tir des forces de l'ordre au port du voile chez les mineures, tout en escomptant décrocher d'autres victoires pour "la France qui travaille".

De 9h00 à minuit pile, les parlementaires du groupe Droite républicaine auront la main sur l'ordre du jour. L'occasion, selon leur patron Laurent Wauquiez, de combattre une "inversion des valeurs", notamment sur le régalien.

"Présomption de légitime défense"

Son groupe défendra dans la journée un texte devant "reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre" faisant usage de leur arme à feu. Une façon selon le rapporteur Ian Boucard (LR) de leur "éviter une forme d'inhibition".

La notion de présomption de légitime défense n'a toutefois pas convaincu les macronistes en commission. Et le gouvernement, qui devrait être représenté par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, tentera d'unir son camp derrière une nouvelle rédaction.

Elle dispose que les agents de police nationale et les gendarmes ouvrant le feu "sont présumés avoir agi" dans le cadre des cas prévus par la loi.

"Une présomption qui pourrait "être renversée par tout élément de preuve contraire", selon l'amendement gouvernemental. L'exécutif entend aussi assurer que les agents qui ne portent pas l'uniforme ou des insignes apparents puissent recourir à leur arme à feu pour prévenir plusieurs meurtres ou tentatives de meurtres rapprochés.

Si LR est favorable à la réécriture, la gauche devrait voter massivement contre le texte.

En commission, Thomas Portes (LFI) s'était inquiété qu'on "abaisse le seuil d'ouverture du feu (et) qu'on banalise l'usage des armes" quand "les tirs policiers sont déjà trop nombreux et mortels".

La Ligue des droits de l'Homme, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la Magistrature alertent eux contre "un recul dévastateur".

A l'inverse, le Rassemblement national soutiendra le texte, comme plusieurs autres défendus par LR jeudi. "C'est presque que des textes RN", ironise un député lepéniste. "Personne n'a le monopole de la défense des forces de l'ordre", rétorque Laurent Wauquiez.

Frères musulmans

En tout début de journée, le groupe LR a bon espoir de faire passer une résolution, non contraignante, appelant la Commission européenne à lancer une procédure pour inscrire les Frères musulmans "et ses responsables sur la liste européenne des organisations terroristes".

Si le temps et la longueur des débats le permettent, le groupe entend aussi défendre une entrave controversée au port du voile islamique par des mineures dans l'espace public. Le texte veut interdire aux parents d'"imposer" ou "autoriser" une fille mineure "à porter dans l'espace public une tenue destinée à dissimuler sa chevelure".

En commission plusieurs parlementaires, y compris au camp gouvernemental, ont critiqué une rédaction qu'ils jugent inapplicable ou inconstitutionnelle.

Gabriel Attal, patron de Renaissance, est favorable à une interdiction jusqu'à 15 ans, mais ses troupes ne sont pas unanimes. Et la gauche est vent debout contre un texte de "débat de primaire entre la droite extrême et l'extrême droite" (Hervé Saulignac, PS).

Travail le 1er-Mai

En sus du régalien, le groupe LR espère décrocher des victoires pour "la France qui travaille".

Principalement sur un texte centriste venu du Sénat, pour sécuriser le travail de salariés de certains commerces (fleuristes, boulangers...) ou d'établissements culturels, le 1er-Mai.

Anticipant des critiques à gauche, sur une remise en cause d'un jour férié, le rapporteur Thibault Bazin (LR) défend un texte "circonscrit", censé répondre notamment à des inquiétudes de boulangeries, qui s'étaient vues adresser des amendes pour avoir ouvert le 1er-Mai.

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