Victoires de la musique 2026 : Theodora, l’artiste aux 5 nominations

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Ce soir, aux Victoires de la musique, un nom revient cinq fois : Theodora, surnommée Boss Lady. À seulement 22 ans, elle est nommée notamment en Révélation féminine, Révélation scène et Chanson de l’année pour “Fashion Designa”. Une consécration pour l’artiste féminine francophone la plus écoutée en France en 2025 selon Billboard.
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Mais qui est Boss Lady ?

Née Lili Théodora Mbangayo Mujinga en Suisse, dans une famille congolaise contrainte à l’exil politique, elle grandit entre plusieurs territoires : la Suisse, la Grèce, le Congo, la France (La Réunion, Rennes, Bordeaux, Saint-Denis). “En vrai je me sens grave française”, confie-t-elle dans le podcast Couch de Léna Situations, rappelant qu’elle n’obtient la nationalité française qu’à l’adolescence.

Son père, issu d’un milieu modeste à Kinshasa, voit ses études interrompues par la chute du régime de Mobutu. Il deviendra médecin à 42 ans. Sa mère terminera également ses études tardivement pour élever ses enfants. Une culture de la résilience qui marque profondément l’artiste.

À 17 ans, elle quitte sa famille pour se lancer dans la musique. Si elle fait ses premiers pas dans l’industrie par la danse, ses premières compositions naissent de sa collaboration avec son frère Jeez Suave : il construit les rythmiques, elle pose sa voix. Très vite, Theodora comprend qu’elle tient là son langage.

Sa musique, au style éclectique, est nourrie par les multiples influences culturelles et musicales croisées dans son environnement familial voyageur. Son esthétique repose sur une hyperféminité décomplexée et revendiquée. Sous une apparente insouciance, ses textes, riches en références pop culture, abordent des thématiques sociales fortes : l’identité féminine noire, la santé mentale, le harcèlement, les violences sexuelles ou encore les tentatives de suicide.

Puis tout bascule avec “Kongolese sous BBL”. Pour Emeric Berco, animateur sur Skyrock, la première écoute est un choc : “On comprend immédiatement qu’on a affaire à une star”, affirme t-il au Parisien. 

Afrobeat sur “Fashion Designa”, collaborations avec Jul, Disiz ou Gims : Theodora multiplie les univers sans jamais perdre sa signature.

Un symbole

Lors de la cérémonie des Flammes, elle dédie son prix “aux enfants de la diaspora et à toutes les filles noires un peu bizarres”. Elle revendique le droit d’exister hors des normes : “Je suis très à l’aise avec le fait que je ne suis pas à l’aise dans mon corps”, confie-t-elle dans le podcast Couch. Porter une robe moulante, ventre apparent, sans justification : un geste politique autant qu’artistique.

Et le public suit. En juin et juillet 2025, elle affiche complet en moins de 15 minutes pour quatre dates prévues en mars et avril 2026 au Zénith de Paris. Un exploit qui confirme que le phénomène dépasse les plateformes de streaming.

Theodora incarne une génération qui refuse les standards inatteignables et exige d’être représentée telle qu’elle est.

Ce soir, aux Victoires de la musique, au-delà des trophées, c’est cette trajectoire entre exil, engagement et liberté artistique qui est mise en lumière. Boss Lady n’est pas qu’un phénomène streaming. Elle est devenue un symbole.

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