Violences mortelles sur un bébé: 25 ans requis contre le père, 20 ans pour la mère.

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Des peines de 25 ans et 20 ans de réclusion criminelle ont été requises vendredi à l'encontre du père et de la mère d'un bébé de deux mois, mort en 2023 de violences répétées, "crime le plus intolérable pour notre société", selon l'avocate générale.
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Devant la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques, la magistrate a considéré que le père, 24 ans aujourd'hui, était coupable de ces violences, en reprochant à la mère, 21 ans, de n'avoir "rien fait" pour protéger leur nourrisson.

Effie, née le 16 novembre 2022 à Hendaye et décédée le 18 janvier 2023 dans un hôpital bordelais, "est la grande absente de ce procès, aucun membre de la famille n'est venu demander à ce que justice lui soit rendue", a lancé Caroline Parizel après avoir déposé une photo de l'enfant devant les jurés au début de son réquisitoire.

"C'est la seule photo où elle a un joli visage", a-t-elle dit, en se faisant "l'avocate" de la victime dans ce procès où personne ne s'est constitué partie civile. "C'est la seule façon que j'ai trouvé de faire vivre Effie, ce petit être est mort dans l'agonie et l'indifférence, personne n'est venu réclamer son corps, j'ai honte et je me sens extrêmement seule", a insisté la magistrate.

À son arrivée aux urgences pédiatriques, le bébé était en état de dénutrition, son corps présentait des hématomes et de nombreuses fractures, et son état neurologique était dégradé "au point de rendre tout geste neurochirurgical impossible", selon les médecins.

L'autopsie a mis en lumière deux épisodes relevant du syndrome du bébé secoué: un premier survenu au moins dix jours avant son décès et un second plus récent, trois ou quatre jours auparavant. Mais l'enfant était aussi victime de violences plus anciennes, volontaires et habituelles, imputées au père par l'avocate générale.

Accusant la mère de ne pas avoir porté assistance à son enfant, elle a également demandé aux jurés de la condamner pour la "privation de soins ayant entraîné la mort" d'Effie.

Devant la cour, la jeune femme s'est défendue en arguant du "contrôle" que son compagnon aurait exercé sur elle, sans convaincre la représentante de l'accusation: "Elle a failli nous avoir" mais "ne rien faire, ça a été son choix", a tranché Caroline Parizel.

Le père nie en bloc aujourd'hui les violences, même "involontaires", qu'il avait reconnues en garde à vue.

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