Entreprendre : cinq conseils d'Alexandre Mars

"L'idée, c'est une chose mais savoir la mettre en oeuvre, c'est tout aussi important."

Cinq conseils pour lancer son entreprise

Alexandre Mars, PDG de Epic Foundation, a publié le livre "Ose ! Tout le monde peut devenir entrepreneur" aux éditions Flammarion. Il donne cinq conseils pour ceux qui désirent se lancer.

Il est membre du conseil d’administration de Brut et entrepreneur à succès : Alexandre Mars donne cinq conseils essentiels pour tous ceux qui désirent créer leur entreprise.

N'ayez pas honte de l’échec

En France, on ne valorise pas tellement l’échec. Dans d’autres pays, comme aux États-Unis, souvent les gens se disent « oh, j’ai échoué », mais ils en sont fiers. Ils ont quasiment des galons de colonel. Je pense qu’un échec, c’est les prémices d’un succès. La phrase clé pour les entrepreneurs, c’est : « Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends. » C’est une citation de Nelson Mandela. C’est tellement vrai !

Un des meilleurs exemples, c’est Walt Disney. Dans les années 1920, il est viré de son entreprise parce qu’il n’est pas assez imaginatif. Est-ce que vous pouvez imaginer ça ?! Il a monté une autre boîte après : nouvel échec. Pourquoi ? Parce que les gens se disaient que l’idée de la souris, ça ne fonctionnerait jamais. On connaît la suite.

Dans quasiment toutes mes entreprises, je n’étais pas loin d’échouer. Eh bien, j’ai su pivoter. Quand j’ai lancé mon agence web, au début, je pensais évidemment que des gens allaient m’appeler. Je me disais « les gens vont vouloir des sites ». Aucun appel entrant. Si dans ces moments-là, vous n’êtes pas capable de pivoter, de vous poser les bonnes questions, c’est sûr que l’entreprise va péricliter.

Dans une société de service, à l’époque, la seule manière de réussir, c’était d’avoir des clients. Et pour avoir des clients, je vous assure que ce n’est pas eux qui viennent vous voir, il faut aller les chercher. Quand on apprend ça à 20 ans, on est vacciné pour la vie. 

N’attendez pas l’idée du siècle

Tous les jours, des gens viennent me voir et me disent : « Je vais me lancer dès que j’ai l’idée. » Je peux vous assurer dans quelques mois, dans quelques années, ils ne seront toujours pas lancés, parce que l’idée en question est terriblement difficile à avoir. Les entrepreneurs ne sont pas forcément des inventeurs. C’est très important à préciser ! Une majorité d’entrepreneurs n’ont rien inventé. Évidemment, vous avez Elon Musk, James Dyson, mais ils sont rares.

L’idée, c’est une chose, mais savoir la déployer, la mettre en œuvre, c’est tout aussi important. Au sein de ma première entreprise, j’organisais des concerts. Il n’y a rien d’innovant dans le fait d’organiser des concerts, mais je l’ai fait à ma sauce : des concerts un peu plus grands, avec des groupes un peu plus connus. C’est ça, entreprendre. Il ne faut surtout pas attendre que l’idée arrive, parce que ça prend du temps. Et ce n’est pas grave si elle existe déjà. Par ailleurs, c’est beaucoup mieux de se lancer sur un marché où il y a déjà des acteurs que s’il n’y a personne. Parce que s’il n’y a personne, vous savez quoi ? Peut-être qu’il n’y a pas de marché.

Ayez le sens du timing 

Un entrepreneur, c’est une éponge. Je suis une éponge, même si ça ne se voit pas. On observe, on écoute, on analyse. Et en faisant ça, on arrive à voir, à comprendre les signaux faibles. Qu’est-ce qu’un signal faible ? C’est un indicateur quasiment invisible qui annonce de grandes tendances.

Quand j’ai monté mon agence mobile, le timing était parfait. J’allais voir les gens. D’ailleurs, la plupart des gens à ce moment-là rigolaient quand je leur disais « vous allez voir, bientôt, la première chose que vous regarderez le matin, ce n’est plus votre partenaire, ce n’est plus votre femme, ce n’est plus votre mari, c’est votre téléphone portable ». Aujourd’hui, je vous pose la question, qu’est-ce que vous avez fait ce matin, en vous levant ?

Travaillez d’arrache-pied

Quelle est la raison de mon succès entrepreneurial ? Un mot : travail. Il faut juste travailler plus que les autres. Il existe d’ailleurs une théorie à ce propos : la théorie des 10.000 heures. C’est l’écrivain Malcolm Gladwell qui l’a popularisée. Dans n’importe quelle industrie, les gens qui ont réussi de manière exceptionnelle sont des gens qui ont travaillé plus de 10.000 heures.

Évidemment, quand vous devez travailler 10.000 heures, il y a peut-être des choses que vous devrez arrêter de faire. Vous devrez faire des choix. Moi, j’ai pris un peu sur mon temps de sommeil. Je ne dormais pas beaucoup, j’ai commencé à dormir encore moins.

Ne perdez pas de vue votre mission

Ce qui est intéressant en tant que futur entrepreneur ou entrepreneure, c’est aussi de voir que vos clients vont être de plus en plus dans cette demande, dans cette volonté. Exemple : Nicolas Chabanne, quand il veut changer le monde de l’agro-alimentaire, il entreprend. Il crée C’est qui le patron ?!. Quelques années après le lancement, c’est la première marque de lait vendue en France. Eh bien, ça répond à cette mission-là.

Parce qu’on peut raconter ce que nous voulons : si votre vision du succès est uniquement une vision d’argent, cette mission-là sera vide ou inachevée. C’est sûr. Aujourd’hui, la réussite, ce n’est plus uniquement un nombre de zéros dans un compte en banque, c’est bien plus que ça. 

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Brut.
22 janvier 2020 07:57