5 idées reçues sur le véganisme

"C'est une secte", "Et les carences en protéines ?"... Brut Nature est allé demander à cette militante de la cause animale de répondre aux clichés sur le véganisme. Voici ce qu'elle avait à dire.

Cinq reçues sur le véganisme

Aurélia, co-créatrice du compte « Paye ton cliché vegan » et militante pour la cause animale, démonte cinq clichés sur ce régime alimentaire et ce mode de vie.

Les végans sont extrémistes, ils sont forcément anti-spécistes, leur mode de vie est sectaire et à l'encontre de la nature humaine… Ces lieux communs sont très répandus dans la population française. Aurélia, co-créatrice du compte « Paye ton cliché vegan » et militante pour la cause animale, tord le coup à cinq idées reçues sur le véganisme.

« Le véganisme, c'est une secte »

Non. Il n'y a pas un club de végans où on se réunit tous les jours pour prier le grand brocoli sacré. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'aujourd'hui, notre rapport aux animaux est basé sur l'exploitation. On considère les animaux comme des ressources, des marchandises à notre disposition pour satisfaire nos intérêts. Ça entraîne d'énormes souffrances pour eux. Le véganisme, c'est donc une philosophie de vie, un moyen d’établir un autre rapport avec les animaux, un rapport plus bienveillant et pacifié.

Et ça, ce n'est pas quelque chose de nouveau. C'est une réflexion que de grands penseurs comme Pythagore, Marguerite Yourcenar ou Victor Hugo, avaient déjà en leur temps. Ils se posaient déjà la question de la place de l'animal dans la société, et ils dénonçaient déjà l'injustice et la violence avec lesquelles on les traite.

« Et les carences en protéines ? »

On a grandi avec l'idée que les protéines, ce n'est que dans la viande, alors que c'est faux. Les protéines peuvent être d'origine animale ou végétale, et on les trouve dans presque tous les aliments. En particulier pour les protéines végétales : dans les légumineuses, les céréales et les oléagineux. Pour le calcium, c'est pareil ! On pense que ce n'est que dans le lait… Mais il y en a dans les légumes verts, dans les oléagineux, dans les yaourts et les laits végétaux.

De manière générale, en France, sur l'alimentation végan, on est assez en retard, alors que dans d'autres pays, la question ne fait pas du tout débat. Par exemple, l'Association américaine de diététique et de nutrition, qui regroupe 100.000 professionnels de santé, dit très clairement qu'une alimentation végétalienne bien menée est tout à fait viable à tous les stades de la vie. Non seulement c'est viable, mais c'est aussi très bon !

« C'est la chaîne alimentaire… »

Quand on nous dit ça, on a l'impression que c'est parce que l'être humain est en haut de la chaîne alimentaire… Mais c'est faux ! Si on prend les niveaux trophiques, une classification qui permet de déterminer la place d'une espèce dans la chaîne alimentaire, l'être humain, en réalité, il est au niveau de l'anchois. Très loin derrière les grands prédateurs comme l'orque ou l'ours polaire !

Par ailleurs, on peut se demander si cette notion de chaine alimentaire est pertinente pour l'espèce humaine. Car contrairement au lion qui chasse la gazelle pour survivre, nous, on fait nos courses au supermarché, on achète nos steaks sous vide en barquette. Contrairement aux carnivores, nous sommes omnivores. Ce qui veut dire qu'on peut manger de tout, mais pas qu'on doit manger de tout pour être en bonne santé.

« On a toujours mangé de la viande »

Ce n'est pas parce qu'on a toujours fait quelque chose qu'on doit continuer à le faire. Il y a plein de choses qu'on faisait avant et qu'on ne fait plus aujourd'hui parce que notre mode de vie a évolué grâce aux progrès technologiques ou à nos considérations morales. Par exemple, avant, on se déplaçait en calèche. Pendant longtemps, les femmes n'ont pas eu le droit de vote. Aujourd'hui, on fait un Paris-Lyon en deux heures et, en tant que femme, j'ai le droit de voter. Et tout le monde trouve ça normal.

Les modes de vie d'hier n'ont rien à voir avec ceux d'aujourd'hui, et ceux de demain seront encore différents parce que la société va continuer à évoluer. Un des défis de la société de demain, c'est l'alimentation, parce que la consommation de viande pose d'énormes défis écologiques et éthiques.

« Vous voulez l’égalité entre les espèces »

Non ! On n'est pas en train de dire qu'une vache égale une poule égale un être humain… Bien évidemment, il y a des différences entre les espèces, mais il y a aussi des similitudes comme l'envie de vivre ou la capacité à ressentir des émotions. Justement, ça, ce sont des choses qu'on devrait prendre en compte dans nos choix de consommation.

Pour faire ça, on peut imaginer une balance : d'un côté, il y a mon envie de manger un steak, et de l'autre, il y a la vie de l'animal. Logiquement, la vie de l'animal devrait l'emporter sur l’envie de me régaler cinq minutes. On n'est pas du tout en train de prêcher pour une égalité pure et simple entre toutes les espèces – donner le droit de vote aux poules, ça n’a aucun sens. En revanche, ce qu’on veut, c’est une prise en compte des intérêts des uns et des autres.

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Brut.