Charlie Danger raconte l'histoire des femmes et de leurs règles

L'histoire des femmes, c'est aussi l'histoire de leurs règles.

Les règles à travers l’histoire par Charlie Danger

L’historienne et YouTubeuse revient sur la façon dont les femmes ont géré leurs menstruations à travers les siècles.

L'histoire des femmes, c'est aussi l'histoire de leurs règles. C'est en tout cas ce que pense la YouTubeuse Charlie Danger, qui anime la chaîne Les Revues du Monde.

Un important marqueur de sexisme

Les règles constituent un important marqueur du sexisme que l'on peut voir dans une société. On l'observe par exemple grâce aux techniques utilisées au fil du temps pour se protéger pendant les périodes de menstruations. Elles ont énormément évolué.

Par exemple, dans l'Égypte ancienne, on utilisait des sortes de tampons : on enroulait des matières textiles autour d’un bâtonnet, et on l'insérait à l'intérieur du vagin. Ce n'était pas du coton, il n'existait pas encore.

Au Moyen Âge, il y a eu un gros tournant, une sorte de vision des règles comme quelque chose d'impur, de sale. Avec la montée de la religion, on a considéré que c’était le symbole du péché originel, celui d’Ève. Les règles étaient pour les femmes une façon d'expier leurs péchés. Une femme qui avait ses règles, c'était donc une femme impure, un être sale.

Il y avait deux possibilités : soit tu étais quelqu'un d'assez aisé et tu pouvais te fournir des jupons - mais c'était très rare - soit tu travaillais dans les champs. Les paysannes laissaient tout simplement couler le sang le long de leurs jambes et se lavaient le soir.

Un début d’émancipation au XXème siècle

Un autre tournant, c'est quand on invente la machine à filer le coton. Cela permet une plus grosse production de sous-vêtements, et petit à petit, les sous-vêtements, donc les jupons, commencent à se répandre.

Au XXème siècle, les femmes commencent à s’émanciper et à taper du poing sur la table. Apparaissent deux choses : les premiers tampons jetables, en coton classique, et les premières serviettes lavables. Mais quand je dis serviettes lavables, je ne parle pas de ce que l'on peut voir aujourd'hui, les jolies serviettes avec des petits clips. C’étaient de gros machins qu'on enfilait comme une culotte et qui étaient retenus par des sangles autour de la taille. Question praticité, on repassera.

« On paie un impôt sur le fait de posséder un utérus »

Dans sa vie, une femme utilise plus de 2.000 serviettes, soit une dépense de plus de 2.000 euros. En fait, le problème, c'est que littéralement, on paie un impôt sur le fait de posséder un utérus. Je n'ai pas choisi, à la naissance, d'être une femme. Pourtant, tous les mois, je dois donner de l'argent pour des protections, alors que ça devrait être de gratuit.

Même dans des pays occidentaux comme la France, on a de grosses inégalités. On peut parler des SDF qui n'ont pas forcément accès à tous les soins qu'elles devraient avoir. Comment est-ce que l'on peut s'acheter des tampons et des serviettes quand on n'a même pas de quoi s'acheter à manger ?

Aujourd’hui, on a la sensation que les règles sont complètement acceptées dans notre société. Mais ce n'est pas vraiment le cas. Regardez les publicités, par exemple : à la télé, on montre du liquide bleu, mais jamais de sang, parce que c'est considéré comme quelque chose de sale. Pourtant, ce n'est pas réellement différent du sang qu'on va montrer sur un enfant quand il se fait un bobo et qu'il doit mettre un pansement. Et c'est quelque chose qu'au moins 50 % population vit, va vivre ou a vécu très régulièrement. À mon sens, ce serait peut être intéressant de commencer à réfléchir et à ouvrir un peu nos moeurs sur le sujet.

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Brut.
28 janvier 2019 08:07