Charlotte Le Bon et les fantômes : pourquoi elle y croit

Pour Charlotte Le Bon, les fantômes existent. Elle en parle notamment dans son dernier film, "Falcon Lake", au cinéma le 7 décembre 2022. Mais un étrange incident sur le tournage de son film l'a confortée dans cette idée d'y croire…

“Il ne faut jamais forcer les gens à croire en quelque chose s’ils n’ont pas envie”


“J’aime les fantômes. J’y crois vraiment fermement.” Charlotte Le Bon revient dans les salles de cinéma avec son premier film qu’elle a réalisé et scénarisé, Falcon Lake. Un premier amour entre deux adolescents, sur fond d’histoire d'esprits. Le long-métrage a notamment été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs lors du festival de Cannes cette année. Mais pour l’actrice et réalisatrice québécoise, ce lien avec l’au-delà n’est pas si anodin. “J’aime bien les choses qu’on n’arrive pas trop à expliquer avec la science. Mais je crois aussi que comme j’ai été confrontée à la mort assez rapidement dans ma vie, puisque j’ai perdu mon père quand j’avais 10 ans, je pense que ça a été une façon pour moi d’un peu romantiser la mort et de romantiser le deuil et d’en faire quelque chose d’un peu apaisant, en fait.”
Rémi et Johanna, passionnés d'enquêtes paranormales…


Les fantômes prennent une grande importance dans le scénario du film. Elle en a alors beaucoup discuté avec ses équipes lors du tournage. “On en parlait. Après, c’est comme n’importe où, il y a des gens qui y croient, des gens qui n’y croient pas, donc… je sais que ma jeune actrice, elle y croyait. Je sais que mon jeune acteur, des fois oui, des fois non. Ce n’est pas grave de ne pas y croire. De toute façon, je n’y crois pas parce que d’autres personnes m’ont dit d’y croire. J’y crois parce que j’ai décidé de le faire et ça m'apaise et qu’il y a quelque chose de beau là-dedans. Je pense qu’il ne faut jamais forcer les gens à croire en quelque chose s’ils n’ont pas envie, en fait, ce n’est pas grave.”
Lukas Dhont et Eden Dambrine, d’un train au Festival de Cannes


Une maison hantée ?


Même sur le plateau, la spiritualité était très présente, notamment dans la maison où se passe l’histoire principale. “Cette maison, on l’a trouvée parce qu’une fille à la production au Québec a distribué des flyers partout dans des petits commerces dans la région où on voulait tourner, qui s’appelle les Laurentides. Et il y a une femme qui a appelé et c’était une femme endeuillée. Ça faisait un an que son mari était mort et elle avait vécu dans cette maison très, très longtemps avec lui. (…) Mais lors du dernier jour de tournage dans la maison, il y avait une scène où, en fait, j’ai demandé à des acteurs de jouer du djembé, du tam-tam, et c’était la dernière prise et ensuite on ‘wrappait’ le décor et je leur ai juste dit: ‘Faites le maximum de bruit que vous pouvez, en fait, vraiment, donnez tout ce que vous avez.’”
Le Name dropping de Jim Jarmusch


“Et à un moment, il y a un truc qui a ‘poppé’ du mur, comme ça, et qui est venu s’écraser au sol. Et ça ressemblait à, genre, du charbon ou en tout cas des cendres… Un peu étrange, vous me voyez venir. Et trois jours plus tard, il y a mon chef déco qui m’appelle pour me dire: ‘Est-ce que tu savais ce qu’il y avait dans la petite chose qui a explosé au sol ?’, qui était comme une espèce de vase, ou un truc comme ça. Et j’ai dit ‘non’ et il dit : ‘Bah, c’étaient les cendres du propriétaire, de l’ancien propriétaire.’ Et il m’a dit : ‘Et tu sais ce que détestait le propriétaire par-dessus tout ?’ J’ai dit ‘non’. Il m’a dit : ‘Le bruit’”, conclut Charlotte Le Bon.
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Brut.