Kalash Criminel raconte toute l'histoire derrière "But en or"

"Si je ne parle pas, en tant que Congolais, de ce qu'il se passe là-bas, c'est que je suis complice." Kalash Criminel raconte toute l'histoire derrière "But en or", son morceau avec Damso.

Kalash Criminel : l’histoire du titre « But en or »

Le rappeur Kalash Criminel raconte à Brut l’histoire qui se cache derrière son morceau « But en or », une collaboration avec Damso. Il évoque notamment sa relation au Congo, sa terre natale.

« Bien sûr, que je ne suis pas content, mon pays s’fait tuer à cause du coltan. » Ces paroles sont issues du titre But en or de Kalash Criminel, en featuring avec Damso. Cette phrase évoque les génocides commis au Congo. Ils découlent de conflits liés au coltan et au colbat, des matières premières utilisées dans la fabrication d’outils électroniques comme les smartphones.

« Je suis congolais, je suis obligé d’en parler »

« Ils ont financé des rebelles rwandais, ougandais, qui massacrent la population là-bas. Ils créent la terreur, pour piller les richesses. Et pour moi, c’était important de le dénoncer, c’est un sujet qui me touche beaucoup, et comme je suis congolais, je suis obligé d’en parler. », affirme Kalash Criminel.

C’est la raison pour laquelle il a choisi de réaliser cette musique avec Damso, lui aussi congolais. « Il y a plein de points communs, déjà on vient du Congo, on a vécu la guerre. En termes d’écriture, on est pas mal engagés aussi par rapport à tout ce qui se passe au Congo », explique l’artiste.

Engagé dans les causes africaines

Kalash Criminel dénonce l’inaction du gouvernement congolais. D’après lui, il y a plusieurs complices impliqués dans les massacres. Et pour lui, les locaux ne profitent pas de leurs propres richesses. « Le problème, c’est que l’Afrique appartient à tout le monde, sauf aux Africains. Et c’est ce qui est dommage », déplore-t-il.

Le rappeur pense que la défense est une solution. Il déclare : « Il faut qu’on commence à se défendre, parce que ça fait des années que ça dure, et autant mourir pour la liberté, pour notre pays. » Il aborde ces sujets dans plusieurs morceaux comme Coltan, La Fosse aux lions ou Arrêt du coeur.

Dénoncer, c’est se mettre en danger

Pour avoir dénoncé ces faits, Kalash Criminel a déjà reçu des menaces. Certains proches lui conseillent de tempérer ses propos, pour sa sécurité. Mais il refuse de se taire. D’après lui, ce serait de la complicité. Car ce sont « les combats de [sa] vie ».

Il compte même lancer une association pour venir en aide aux albinos du monde entier. Étant lui-même atteint d’albinisme, il connaît les difficultés liées à cette anomalie génétique. Grâce à cet organisme, il espère apporter les soins nécessaires à ceux qui en ont besoin : des crèmes solaires, des lunettes de soleil ou des vêtements.

« Pour moi, c’est super important, parce que moi, j’ai eu la chance de réussir. Si je peux en aider deux, trois, dans le monde, à réussir comme moi, pas forcément dans la musique, mais dans leur vie, c’est déjà un combat gagné. »

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Brut.