Spike Lee sur la mobilisation massive après la mort de George Floyd

Spike Lee dénonce ce que subissent les Africains-Américains aux États-Unis depuis plus de 30 ans. Aujourd'hui, la mobilisation massive après la mort de George Floyd lui donne espoir. Interview Brut.

Spike Lee : « Les Noirs ont donné leur vie pour ce pays, et nous n’avons toujours pas tous nos droits »

À l’occasion de la sortie de son nouveau film, « Da 5 Bloods », disponible sur Netlfix dès le 12 juin, le réalisateur revient sur la vague de contestation des violences policières racistes aux États-Unis.

Dans son nouveau film, Da 5 Bloods, Spike Lee raconte l’histoire oubliée des soldats noirs qui se sont battus pour les États-Unis pendant la guerre du Vietnam. Depuis plus de 30 ans déjà, le metteur en scène dénonce dans ses films les inégalités et les violences subies par les Africains-Américains aux États-Unis. En 1989 déjà, dans Do the Right Thing, Spike Lee mettait en scène le meurtre d’un homme noir par un policier blanc. Mais la mobilisation massive après l’homicide de George Floyd par un policier blanc lui donne espoir… Rencontre.

« Dans toutes les guerres, nous nous sommes battus pour ce pays »

Mes ancêtres ont été volés à notre mère l’Afrique en l'an 1619 : le premier bateau d'esclaves. Ils ont été amenés à Jamestown, en Virginie. La première personne à mourir dans la première guerre américaine, la Révolution américaine, était un homme noir. Il s'appelait Crispus Attucks. Beaucoup de gens ne connaissent pas leur histoire. Cela prouve une chose : les Noirs ont donné leur vie pour ce pays. Et nous n’avons toujours pas tous nos droits. Dans toutes les guerres, nous nous sommes battus pour ce pays.

Da 5 Bloods traite de ce qui se passe aujourd'hui dans les rues. J'ai vu tellement de jeunes, de jeunes enfants avec des parents qui leur tenaient la main. Les parents décident que leurs enfants doivent voir ce qui se passe aux États-Unis, en Amérique, et ils veulent que leurs enfants en soient témoins. Ils expliquent : l'apprentissage, l'éducation se fait. Parce que les enfants disent : « Maman, papa, qu'est-ce qui se passe ? » Et ces parents expliquent à leurs très jeunes enfants ce qui se passe, pourquoi ils sont là, et pourquoi ils les ont amenés avec eux.

« Ce qui donne encore plus d'espoir, c'est le grand nombre de mes jeunes frères et sœurs blancs qui nous rejoignent »

Ce qui donne encore plus d'espoir, c'est le grand nombre de mes jeunes frères et sœurs blancs qui nous rejoignent, rejoignant leurs frères et sœurs noirs et racisés. C'est vraiment une mosaïque. Il n'y avait pas que des Noirs et des racisés qui marchaient. Dans de nombreuses villes, vous savez, les Noirs et les autres personnes racisées sont la minorité.

Le meurtre fictif de Radio Raheem dans Do the Right Thing était basé sur le meurtre réel d'un street artist, Michael Stewart. J'ai ensuite écrit le film en 1988. Le film est sorti en 1989. Puis, de nombreuses années plus tard, je vois Eric Garner, et maintenant King Floyd. C’est triste.

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Brut.