L'hommage de Thierry Frémaux à Bertrand Tavernier

"J'avais 22 ans. Ma vie n'aurait pas été la même si ce matin-là…" Aujourd'hui délégué général du Festival de Cannes et directeur de l'Institut Lumière de Lyon, Thierry Frémaux raconte cette rencontre avec Bertrand Tavernier qui a changé sa vie.

“Notre amitié a été d’emblée une amitié immanente”


“Je n’avais pas de stress parce que ce n’est pas ma nature mais j’avais conscience du caractère solennel de ça.” Thierry Frémaux avait 22 ans quand il rencontre pour la première fois Bertrand Tavernier. Il l’interviewe avec son “petit magnétophone à bande”, et pour lui, ce moment a changé sa vie. “Ma vie n’aurait pas été la même si ce matin-là je n’étais pas venu pour enregistrer Bertrand Tavernier”, pense-t-il. Aujourd’hui, il est délégué général du Festival de Cannes, et directeur de l'Institut Lumière de Lyon. Il a pendant longtemps, et jusqu’à la mort du cinéaste en 2021, entretenu une grande amitié avec lui. En point d’en écrire un livre Si nous avions su que nous l'aimions tant, nous l'aurions aimé davantage, paru le 28 septembre 2022. Lors du dernier Festival Lumière à Lyon, qui s’est déroulé du 15 au 23 octobre dernier, il revient sur leur rencontre et leur relation.
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“Quand on est cinéphile en province, on considère, et toujours d’ailleurs, que les cinéastes sont des genres de héros. Ce sont des gens qui organisent toute une communauté afin de parvenir à faire un film. (…) Et moi, tout ce qui touchait à ce qu’était le cinéma me passionnait”, raconte Thierry Frémaux. “On était en 1982, il sortait de Coup de Torchon, c’était un personnage médiatique, on ne disait pas ça je crois à l’époque. En tout cas, c’était quelqu’un qui faisait constamment des interventions, qui était une grande gueule du cinéma français. Et puis là, on ne s’est plus jamais quittés. Notre amitié a été d’emblée une amitié immanente, jamais théorisée”, se souvient-il.
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Il souhaiterait alors être le même genre de modèle que l’a été le réalisateur à son égard. “Et après tout ça, en effet, fait que jusqu’à aujourd’hui, des décennies plus tard, je suis encore avec la même curiosité, la même capacité à l’admiration avec une chose qui, évidemment, arrive maintenant, c’est : est-ce que, à mon âge, et à mon tour, j’ai eu, ou je vais avoir, les mots décisifs, l’acte qui fait que des jeunes gens diront dans quelques années : ‘Ah ! Frémaux ce jour-là, il m’avait dit ça, ça avait compté.’ J’espère que je l’ai fait, et j’espère que je le ferai encore.”
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