À Naples, les hôpitaux submergés par le Covid-19

Pendant ce temps-là, à Naples, un patient qui décède dans les toilettes des urgences, d’autres placés sous oxygène dans leurs voitures en attendant que des lits se libèrent... Des hôpitaux submergés par le Covid-19, ça ressemble à ça.

Covid-19 : à Naples, les urgences débordées

En Italie, une vidéo tournée par un patient atteint du Covid-19 fait le tour des médias locaux. Elle montre l’état grave du service des urgences du plus grand hôpital de Naples.

Les Napolitains sont sous le choc. Le 11 novembre, un patient atteint du Covid-19 a tourné une vidéo dévoilant l’intérieur du service des urgences de l’hôpital Cardarelli. On y voit des patients en piteux état. L’un est décédé dans les toilettes. La vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux par un conseiller municipal napolitain, avant de faire le tour des chaînes de télévision.

Une vidéo pour interpeller le gouvernement

« En publiant cette vidéo, j’ai secoué, j’ai levé un couvercle qui fait réfléchir, pas seulement les citoyens, mais également, j’espère, le gouvernement national », a déclaré Gostino Romano, conseiller municipal Forza Italia de Naples. Il poursuit : « Si je n’avais pas publié cette vidéo, la direction de l’hôpital aurait simplement prévenu par téléphone la famille en disant que le père, le parent [mort dans les toilettes] était décédé, sans expliquer comment il est décédé et surtout dans quelles conditions. »

À Naples, un autre hôpital est aussi débordé. Les patients se retrouvent dans des files d'attente de plusieurs heures avant d'être pris en charge. Certains sont directement oxygénés dans leur voiture en attendant d’être hospitalisés. Parfois, ils y restent plusieurs jours. En Campanie, l’une des régions les plus pauvres d’Italie, les hôpitaux sont saturés etne peuvent plus prendre en charge tous les malades.

Sept régions italiennes confinées

« Nous avons un système de santé en difficulté dans tout le centre-sud, dans les régions de Calabre, de Campanie et de Sicile. Elles étaient déjà en difficulté avant le Covid. Il y a eu des coupes budgétaires pendant des années, les infrastructures hospitalières ont été massacrées, des services d’urgences ont été arrêtés.Et en plus de tout cela s’est ajoutée la terrible pandémie que nous sommes en train de vivre » déplore Luigi Di Maio, ministre des Affaires étrangères.

Depuis le 6 novembre, il y a un couvre-feu sur l’ensemble de l’Italie. Le 13 novembre, le gouvernement a classé sept régions en zone rouge, dont Naples. D’où un reconfinement partiel dans ces régions. La mesure touche 43 % de la population italienne.

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Brut.