Face à l'incertitude générale liée au Covid, que faire ?

Avec le Covid, difficile de se projeter dans l'avenir… Voilà comment faire face à cette nouvelle incertitude potentiellement angoissante qui s'est incrustée dans notre vie.

Covid-19 : les conseils d’une psychiatre pour gérer l’incertitude

Anne Giersch est directrice du laboratoire Neuropsychologie cognitive et physiopathologie de la schizophrénie à l’Université de Strasbourg. Elle rappelle qu’il est normal d’être angoissé face à la pandémie.

L’incertitude, c’est normal, c’est quotidien, c’est sain. L’être humain arrive à la pallier en étant certain de choses isolées, « ce qu’on a perçu ou ce qu’on a mémorisé » et ainsi « accéder à une information suffisamment complète pour prendre des décisions correctes », explique Anne Giersch.

« L’information, on ne la trouve pas dans notre cerveau, ni dans le cerveau des autres »

La psychiatre poursuit : « Face à l’incertitude, d’habitude, on recherche dans notre cerveau l’information qui manque. Tout ce qu’on sait a priori pour nous aider à prédire ce qui va se passer demain et à prendre une décision. »

Mais avec la pandémie de Covid-19, les cartes sont rebattues… « L’information, on ne la trouve pas dans notre cerveau, ni dans le cerveau des autres », résume la spécialiste en neuropsychologie cognitive.

Qui sait comment la situation peut évoluer ? Pas grand monde… Et c’est bien ça, la source de l’incertitude aujourd’hui. « La pandémie remet en cause une certitude fondamentale qui était que nous n’étions pas exposés à des pandémies. Et peut-être que c’est ça qui peut fragiliser certaines personnes actuellement. »

« La situation est exceptionnelle. Consultez ! »

Certains choisissent alors de faire comme si rien n’avait changé, pour se protéger. D’autres considèrent la situation, mais ils se retrouvent alors en situation de vulnérabilité. « C’est un nouveau risque auquel on ne pensait pas être exposé, surtout pour les générations comme les nôtres qui n’avons pas connu la guerre, qui n’avons pas connu de grandes catastrophes », analyse Anne Giersch.

La médecin le rappelle : si vous vous retrouvez en souffrance, il faut absolument consulter un psychologue ou un psychiatre : « Ils sont là pour ça, et ils peuvent aider, il n’y a aucune honte à aller consulter. La situation est exceptionnelle. Consultez ! »

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Brut.