Vivre avec un bégaiement

Longtemps méconnu, ce trouble de la parole touche 1 % de la population mondiale. Vivre avec un bégaiement, c'est ça.

Ça vient d’où, le bégaiement ?

Ce trouble du langage touche 1 % de la population mondiale. Un handicap qui apparaît la plupart du temps pendant l’enfance, souvent à la suite d’un traumatisme.

« Je suis juste un enfant normal, et en très peu de temps, Joe Biden m’a fait me sentir plus confiant à propos de quelque chose qui m’a dérangé toute ma vie. » Le discours de ce jeune garçon a ému les Américains. Brayden, 13 ans, est atteint de bégaiement. Lors de la convention démocrate américaine, il a rendu hommage à Joe Biden, qui a lui-même déclaré avoir souffert de bégaiement dans sa jeunesse. 

Joe Biden : « Je pense avoir énormément appris de ma bataille contre le bégaiement »

« Sans Joe Biden, je ne serait pas en train de vous parler aujourd'hui. Il y a quelques mois, je l’ai rencontré dans le New Hampshire. Il m’a dit que nous faisons partie du même club : nous sommes bègues. C’était incroyable d’apprendre qu’un vice-président était quelqu’un comme moi », a poursuivi l’adolescent.

Ce handicap, Joe Biden en souffre encore parfois : « Je pense avoir énormément appris de ma bataille contre le bégaiement. Cela m’a permis de percevoir la douleur des autres, la souffrance des gens. Cela m’a fait comprendre que tout le monde, tout le monde a quelque chose à surmonter, qu'ils essaient parfois de cacher. »

Le bégaiement est un trouble du langage qui touche 1 % de la population mondiale. Ce handicap apparaît la plupart du temps pendant l’enfance, souvent à la suite d’un traumatisme. Il touche plus fréquemment les garçons. 80 % des enfants touchés ne bégaient plus à l'âge adulte. Cependant, « 20 % d’entre eux vont garder des bégaiements par la suite, d'où l’intérêt de les prendre tous en charge le plus tôt possible », explique Céline Ciszewski, représentante de l'association Parole Bégaiement.

Un terrain génétique favoriserait le bégaiement

Contrairement aux idées reçues, le bégaiement n’a pas seulement des origines psychologiques. Depuis quelques années, les spécialistes ont en effet découvert un terrain génétique qui favoriserait le bégaiement. « On a une prédisposition génétique à bégayer. Après, il va y avoir un élément déclencheur qui va conditionner l’apparition du bégaiement, mais on est prédisposé à bégayer », détaille Céline Ciszewski.

Le bégaiement est déclenché par une émotion forte et peut s’aggraver avec le stress. Juliette, interrogée par Brut en 2019, nous avait raconté son quotidien : « Dans la vie de tous les jours, je ne bégaye presque pas, ou de façon très minime. Ça revient dans le situations de stress, par exemple, quand je dois faire un entretien téléphonique ou un entretien professionnel. »

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Brut.
21 août 2020 16:40