Comment George W. Bush est devenu président des États-Unis grâce à la Floride

En 2000, tout s'est joué à 537 voix. Et il a fallu attendre plus d'un mois pour connaître le résultat. Thomas Snegaroff raconte comment George W. Bush est devenu président des États-Unis… Avec Franceinfo

Bush VS Gore : les votes de la Floride en 2000

En 2000, une campagne présidentielle très serrée se tient entre Al Gore and George W. Bush. Thomas Snégaroff raconte comment Al Gore est sûrement passé à côté de sa place de président des États-Unis d’Amérique.

L’année 2000, les candidats deux candidats s’affrontent à l’élection présidentielle américaine : Al Gore, ancien vice-président de Bill Clinton et George W. Bush, candidat républicain conservateur. La campagne est très serrée entre ces deux candidats, tous les deux jeunes et populaires.

L’importance de bons soutiens

« Al Gore a certainement fait une erreur majeure pendant la campagne. Il a refusé l’aide de Bill Clinton, qui est pourtant très populaire. Il est persuadé que Bill Clinton et associé à l’affaire Lewinsky. Il ne veut pas être associé à ce Président qui, moralement, selon lui, a failli. Donc il va se passer de Bill Clinton », explique l’historien Thomas Snégaroff.

Al Gore fait donc campagne seul. George W. Bush, lui, reçoit le soutien de son parti et celui de son frère, Jeb Bush, gouverneur de Floride. « C’est très important pour la suite de l’histoire », poursuit l’historien. 

Un vote très serré

Le soir de l’élection présidentielle est extrêmement serré. Un État peut, à lui seul, faire basculer l’élection dans un sens ou dans un autre. « Vous le savez peut-être, mais celui qui arrive en tête, il gagne tous les grands électeurs de l’État. Il y a un État en particulier où c’est hyper serré, c’est la Floride. L’État dont le gouverneur est Jeb Bush », indique Thomas Snégaroff.

Pour ôter tous les doutes, Jeb Bush saisit la commission d’enquête sur l’élection. Les votes sont alors recomptés. Des milliers de bulletins de vote sont annulés car « peu lisibles ». Finalement, l’écart entre les deux candidats est de 0.09 %. « Je ne voudrais pas gagner la présidence par quelques votes émis par erreur ou mal interprétés ou non comptés, et je ne pense pas que le gouverneur Bush veuille cela non plus », affirme Al Gore.

« Je reconnais ma défaite »

Finalement, l’affaire va jusqu’à la Cour suprême. L’équipe de campagne d’Al Gore ne fait pas confiance à la Floride. « Mais la Cour suprême va dire : "On n’est pas aptes à juger, donc on va renvoyer à la dernière décision prise par la Cour suprême de Floride." Et c’est ainsi que la Cour suprême de Floride, donc la Floride, va décider du sort de l’élection présidentielle de l’an 2000. », raconte Thomas Snégaroff. Al Gore finit par accepter sa défaite.

Le candidat déclare : « Bien que je ne sois pas du tout d'accord avec la décision de la Cour, je l'accepte. J'accepte le caractère définitif de ce résultat qui sera ratifié lundi prochain par le collège électoral. Et ce soir, au nom de notre unité en tant que peuple et de la force de la démocratie, je reconnais ma défaite. » 

Des mois plus tard, des commissions indépendantes s’intéressent de nouveau aux bulletins annulés. Il s’avère que celui qui a gagné l’État de Floride n’est pas George W. Bush, mais Al Gore. « Al Gore s’est très certainement fait voler l’élection présidentielle de l’an 2000 », affirme Thomas Snégaroff.

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Brut.