L'histoire des Roms

Persécutés, discriminés, caricaturés... Voici l'histoire des Roms. Sans cliché.

L’histoire des Roms

En France, au moins 16.000 Roms, venant souvent des pays de l’Est, vivraient dans des bidonvilles.

En France, au moins 16.000 Roms vivent dans des squats ou des bidonvilles. Depuis le confinement, leurs conditions de vie sont devenues encore plus précaires qu’elles ne l’étaient. Depuis des siècles, ce peuple est persécuté.

Réduits en esclavage en Roumanie jusqu’en 1856

Originaires du Nord de l’Inde, les Roms entament leur première migration vers l’Europe au IXème siècle. Persécutés en France sous Louis XIV, les Roms sont réduits en esclavage en Roumanie jusqu’en 1856. « Ils n’avaient pas de liberté et ils étaient traités comme des objets. Leurs âmes étaient traitées comme des objets et comme s’ils appartenaient à un maître, soit un individu soit une institution », détaille l’historien Viorel Achim.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils sont victimes d’extermination. « L’élément essentiel qui permet de parler de génocide des Tziganes, ce que cette persécution était systématiquement familiale. Elle engageait les hommes, les femmes, les enfants et les vieillards dans ce qu’on appelait le camp de famille, un centre de mise à mort au cœur de Birkenau », explique l’historienne Henriette Asséo.

En 1971 se tient à Londres le premier Congrès international des Roms

En 1971 se tient à Londres le premier Congrès international des Roms. Ils revendiquent alors le droit à être reconnus comme un peuple à part entière et choisissent d’être appelés Roms – « hommes accomplis » en langue romani – plutôt que Tziganes, terme considéré comme péjoratif à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Le mot « Roms » rappelle par ailleurs les origines nord-indiennes de ce peuple.

Aujourd’hui, il englobe trois groupes de populations : les Sintés et Manouches (qui vivent en France, en Italie et en Allemagne), les Kalés et Gitans (qui vivent en France et en Espagne), et les Roms (qui vivent en Roumanie, en Bulgarie, en Grèce, en Hongrie, en Slovaquie, en Serbie et au Kosovo).

Les Roms des pays de l’Est ont cherché à venir en Europe occidentale

Fuyant les discriminations, les Roms des pays de l’Est ont cherché à venir en Europe occidentale. « Il y a beaucoup de racisme en Roumanie, témoigne Rose Salcuta, une Rom exilée. Il y a même du racisme envers les enfants à l’école. Ils sont dans la classe juste pour être dans une classe, on ne leur pose pas de question, on ne leur demande rien du tout. C’est pour ça que les gens partent de chez eux. J’ai décidé de venir en France pour faire quelque chose pour mes enfants. »

La première raison de la migration des Roms roumains, c’est la pauvreté, les persécutions et l’absence de travail. « Et, du fait de la chute des régimes communistes, l’absence de toute structure étatique qui les protège », précise Laurent El Ghozi, co-fondateur de Romeurope.

« Il n’y a pas de gêne du voleur chez le Rom »

En France, 16.000 Roms, venant souvent des pays de l’Est, vivraient dans des bidonvilles. Et ils sont souvent stigmatisés. « Les statistiques montrent effectivement des bandes organisées qui exploitent en particulier les enfants parce qu’ils sont dans une situation de misère absolue et qu’il faut bien survivre. Mais sinon, ils ne sont pas plus voleurs que les autres, il n’y a pas de gêne du voleur chez le Rom », tempère Laurent El Ghozi.

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Brut.