Le voile en Iran des années 1950 à aujourd’hui

Il est au cœur de la révolte actuelle en Iran après la mort de Mahsa Amini. Voici comment la perception du voile a évolué dans ce pays.

“C'est important de comprendre ce qui se passe en Iran aujourd’hui”

“C'est très symbolique le voile en Iran, ça symbolise le mode de vie islamique dans le pays. C'est pour ça que c'est important de comprendre ce qui se passe en Iran aujourd’hui. Si les jeunes filles aujourd'hui de 19, 20 ans décident de brûler ce voile, en fait, elles brûlent toute cette idéologie”. Farid Vahid est directeur de l’Observatoire du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès. Pour Brut, il revient sur l’histoire du voile en Iran. Quatre ans après la révolution, le port du voile devient obligatoire en 1983 pour toutes les femmes dans l’espace public en Iran. “Et depuis 2005, on a la police des mœurs, Gasht-e Ershad, qui est responsable d’imposer ce mode de vie islamique. Pour les femmes non voilées, ils vont les arrêter. Ça peut être aussi, pour les couples, demander pourquoi ils sont ensemble, s'ils sont mariés ou non” explique Farid Vahid. Interview Brut : Golshifteh Farahani sur la situation en Iran

Malgré l’élection de présidents réformateurs, “comme Khatami ou Rohani, ils n’ont jamais pu revenir sur cette loi (…) parce que ça fait trop partie de l’ADN du régime” ajoute l’expert. Le port du voile a cependant évolué. Dans les années 1980, le port du tchador, ce voile intégral qui recouvre presque tout le corps, est de mise. Aujourd’hui, “les cheveux sortent devant, derrière. Elles ont quand même une sensualité malgré les modes vestimentaires imposées”. Depuis la mort de Mahsa Amini, 22 ans, survenue trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire, une vague d’indignation soulève le pays et des manifestations de solidarité éclosent un peu partout. “Tous les jeunes qui sont aujourd’hui dans la rue ne sont pas forcément contre l’Islam au global. Ce n'est pas une guerre des athées contre les pratiquants. En fait, la revendication, c’est la liberté” précise Farid Vahid. Quand une actrice dénonce le traitement des iraniennes

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Brut.