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Covid-19 : comment le village Emmaüs Lescar-Pau gère la crise

Dans cette communauté qui prône l'anticapitalisme, l'autosuffisance et l'écologie et où vivent une centaine de femmes et d'hommes, voilà comment on s'organise face à la crise.

Covid-19 : comment le village Emmaüs Lescar-Pau gère la crise

Une centaine de femmes et d'hommes y vivent et travaillent. Cette communauté prône l'anticapitalisme, l'autosuffisance et l'écologie.

« On a la chance d’être dans un endroit relativement préservé. Mais ce n’est pas venu comme ça, en claquant des doigts ! Ça fait partie quelque part d’un choix de vie, d’une dynamique de vie où on ne fait pas n’importe comment, on ne mange pas n’importe quoi, on fait attention à ce qu’on jette. C’est tout l’ADN du village. Quelque part ça, ça nous prépare à ce genre de choses » se réjouit François, habitant du village Emmaüs Lescar-Pau.

Une autonomie financière alimentaire à plus de 70 %,

Dans ce village vivent et travaillent une centaine de femmes et d’hommes. C’est la plus grande communauté Emmaüs de France, ouverte depuis 1986. Dans ce village, l’activité économique principale – la vente de bric-à-brac, qui attire jusqu’à 2.000 visiteurs par jour – s’est arrêtée avec le confinement. Qu’à cela ne tienne : cette communauté anticapitaliste et autosuffisante en alimentation s’organise face à la crise grâce à ses 25 hectares dédiés à l’agriculture.

« Quand on est confinés comme ça, on peut rattraper tout le retard que nous avons dans les divers secteurs, au niveau de l'électronique, au niveau de l’électroménager, au niveau du bric-à-brac, au niveau du tri de vêtements, du tri de livres. Et ce qui est très important pour nous, c’est la ferme. Elle nous permet une autonomie financière alimentaire à plus de 70 %, que ce soit au niveau de l'élevage, au niveau du maraîchage, au niveau de l’apiculture, au niveau du verger », explique Germain.

Depuis le début du confinement, aucun revenu ne rentre dans le village

Chaque personne qui vit dans le village est un compagnon. Une grande partie d’entre eux n’avaient plus de travail, de salaire ou de logement avant de rejoindre la communauté, qui vit à 100 % grâce à son activité publique – vente d’objets, épicerie, restaurant, bar – et reçoit zéro subvention. Les habitants sont logés, nourris, blanchis, et reçoivent un salaire pour leur participation aux activités du village. « Il y a deux mois, j’étais encore à la rue. Si j’étais à la rue aujourd’hui, je ne sais pas où je serais. Sûrement dans un foyer, à ne pas pouvoir bouger. Je pèterais un câble », témoigne William.

Depuis le début du confinement, aucun revenu ne rentre dans le village. Emmaüs Lescar-Pau survit donc grâce le soutien de se banque, qui lui a avancé des fonds. « On s’est réorganisés par rapport à notre manière de bosser. On travaille plus par tout petits groupes. Il y a cinq ou six ateliers qui sont mis en place dans la ferme, il y a des préparations de planches de culture, il y a des semis à faire, il y a du repiquage, il y a des soins auprès des arbres fruitiers », développe David. Les habitants fabriquent même leurs propres masques.

« La vie a un autre sens, la vie a d’autres valeurs »

De ce confinement, Germain espère que son village, comme l’ensemble des Français, tireront des leçons de de vie. « C’est intéressant de réfléchir développer cette alternative économique, cette alternative sociale, culturelle, écologique pour une politique de respect de la nature. Ça me paraît fondamental. Je pense que quand on va sortir du confinement – même si ce système néolibéral et sa force de communication risquent de nous culpabiliser pour relancer l’économie productiviste – de plus en plus de gens vont prendre conscience que la vie a un autre sens, que la vie a d’autres valeurs et qu’on peut vivre autre chose. »

16/04/2020 21:07
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533 commentaires

  • Fernand R.
    un jour

    Clip très intéressant. Peut-être un nouveau visage de notre vie future!

  • Nounoute N.
    3 jours

    Emmaus le problème ils embauche pas et ils aide pas n ont plus les gens donc un eco village pour le créer c est très dure sans aide

  • Mélia M.
    6 jours

    Je suis native de cette région et ce n est pas aussi idyllique...Cette Emmaùs est né d une bonne volonté au départ j ai fais partie des personnes qui ont soutenu ce projet...Néanmoins la main d oeuvre pas cher et étrangère a été lourdement exploité dans cet Emmaus...Tout n est pas si propre...Payer des réfugiés une misère pour une poignée d euros...Comme quoi la misère rapporte gros donc les coulisses ne sont pas aussi positifs...Souvent des gens de Syrie et d ailleurs une main d oeuvre bac +4 qualifiées et peu onéreuses.Le directeur de cet Emmaus gagne 5000 euros par mois alors que ces ouvriers étrangers en gagnent à peine 5 euros par jour...C est la réalité du terrain...Non je ne cautionne pas ces excès...

  • Mary J.
    23/05/2020 15:28

    je voudrais aller là-bas 😉

  • Anny K.
    22/05/2020 18:27

    Magnifique réussite d'un monde humain

  • Schee J.
    10/05/2020 11:41

    Superbe vidéo de propagande. Germain profite de cette situation exceptionnelle de confinement pour présenter un village ou tout se passe bien et ou tout est compris depuis longtemps, mais derrière, la réalité est tout autre. Germain est capitaliste, il fait travailler les compagnons comme des forcenés, les épuise, puis les vire ensuite. La seule part d'utopie dans ce village lui est réservée, avec sa logique capitaliste cachée derrière l'égide Emmaüs qu'il brandit à chaque fois que l'on critique ses pratiques odieuses envers les compagnons, sa vision monomaniaque, et la non possibilité d'accéder aux services du village, pas de social, pas de culturel, même pas de pain frais pour les compagnons pour un village possédant son fournil. Pas d'autonomie alimentaire non plus, la majorité de la production est destinée à la vente au public, pas aux compagnons. De plus, beaucoup de maltraitances dans les élevages. Cultures de la délation, pressions incessantes, culpabilisation, imposition de la rentabilité, impossibilité de se reconstruire pour les compagnons, la plus part d'entre eux sont malheureux et finissent par se tirer dans les pattes, se droguent pour tenir le coup, ne sont pas aidés pour se sortir de ça, au contraire se font descendre en flamme si ils sont repérés ou dénoncés, quand d'autres dealent dans ce même village, font preuve de violence et obtiennent tous les passes droit. Parole d'un ancien compagnon.

  • Christiane R.
    09/05/2020 17:42

    J'adore

  • Jeanclaude B.
    09/05/2020 17:36

    félicitations les gas

  • Cécé M.
    08/05/2020 05:51

    Merci Mr vous avez complètement raison ! Maintenant j’espère 🤞 oh oui j’espère 🤞

  • Graziella M.
    07/05/2020 07:30

    Voila une facon de vivre avec intelligence et respect bravo c'est le apres covid reflechissez!!!!

  • Pauline T.
    06/05/2020 10:00

    , je suis sûre que ça t'intéresseras

  • Camille B.
    05/05/2020 17:35

    check ça

  • Geraldine C.
    03/05/2020 11:07

    Ils ont tout compris, mis en place et sont préparés

  • Audrey D.
    03/05/2020 09:54

    🤔🤔

  • Aedo V.
    02/05/2020 20:42

    Magnifique. Ça a l'air d'un rêve !!!

  • Alice R.
    01/05/2020 22:23

    Vraiment super comme idée de vivre ainsi

  • Michèle C.
    01/05/2020 18:27

    Belle intelligence économique 👁️

  • Françoise G.
    01/05/2020 08:11

    Une bonne hygiène de vie une belle leçon. A méditer et surtout à suivre !

  • Florence M.
    30/04/2020 20:21

    Bravo ! !!

  • Jeanine S.
    30/04/2020 10:23

    Bravo a vous , vous avez fait le bon choix

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