En France, des citoyens se mobilisent pour les enfants migrants isolés

Ils les soignent, les aident à sortir de la rue, à apprendre le français, à se former à un métier…

Des bénévoles se mobilisent pour les enfants migrants isolés

Partout en France, ils leur donnent des endroits où dormir, des cours de français et des opportunités professionnelles.

« On a su un jour que six jeunes mineurs isolés, étrangers, étaient à la rue. Ça a été du bouche-à-oreilles : on était trois, quatre, on s’est réunis, et puis on s’est demandés ce qu’on pouvait faire. » À Saint-Brieuc, Françoise, infirmière à la retraite, a monté Cajma22, un collectif de citoyens pour héberger et accompagner les jeunes migrants à la rue dans cette ville de 45.000 habitants. « Moi, j’ai une grande maison. J’ai pris ma liste de contacts, j’ai cherché, et voilà ! Des amis ont dit qu’ils allaient participer. Ces six mineurs ont donc été hébergés très rapidement. »

200 familles se sont relayées pour accompagner les adolescents

Depuis 2017, près de 200 familles se sont relayées pour accompagner une cinquantaine d’adolescents. Au-delà de l’hébergement, Cajma22 favorise l’intégration des jeunes en les aidant dans leurs démarches juridiques, dans l’accès aux soins. L’association leur permet également de suivre une scolarité et d’accéder à la formation professionnelle. Des bénévoles donnent également des cours de français.

Morgane, l’une d’entre eux, raconte : « C’est régulier, on a les mêmes élèves, donc on peut les voir progresser et continuer le même travail avec eux. On a plusieurs groupes : ceux qui apprennent à lire et à écrire, d’autres qui apprennent la grammaire et la conjugaison. » Ces jeunes vont majoritairement vers des formations de métiers où il y a un manque de personnel. « La France a besoin d’eux. Acceptons-les ! » s’exclame Françoise.

Dans les Cévennes, 50 mineurs formés à des métiers manuels

Dans le même temps, au coeur des Cévennes, dans le hameau de Salagosse, Mamadou apprend le métier de maçon. Il est venu seul en France. Il a 17 ans et vient du Burkina Faso. Comme lui, ils sont une cinquantaine de mineurs étrangers isolés dans le village, hébergés et formés à des métiers manuels. Au bout de deux ans et après 14 semaines en entreprise, ces jeunes quittent le centre, diplôme professionnel en poche. Ici, le taux de réussite en CAP est de 100 %.

Mohammed, professeur de maçonnerie, s’en réjouit : « Ce sont des jeunes qui s’intègrent facilement à l’équipe, qui ne rechignent pas à la tâche. Ils en veulent, ils sont sérieux. Ils ont envie d’apprendre. » Pour optimiser leurs chances d’intégration et de réussite professionnelle, las adolescents apprennent également à lire et à écrire. Mohammed, élève au centre Louis Defond, se montre optimiste : « Je veux dire Dieu merci, parce que je me débrouille pour écrire et pour m’exprimer. » Les élèves suivent aussi des cours d’éducation civique et d’histoire de France.

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Brut.
5 février 2020 19:58