retour

En Inde, cette école bouleverse le destin des filles

"Ils demandent qui fera le ménage si on envoie leur fille à l'école." Permettre aux femmes de devenir indépendantes, c'est l'objectif de Pardada Pardadi. En Inde, cette école bouleverse le destin des élèves qui la fréquentent…

Inde : Des écoles pour l'émancipation des femmes

En Inde, un groupe scolaire propose une scolarité unique aux filles, de la maternelle à la terminale. Ce sont les écoles Pardada Pardadi.

Dans l’État indien de l’Uttar Pradesh, les écoles Pardada Pardadi offrent aux jeunes filles une éducation scolaire gratuite et unique, de la maternelle à la terminale. Les établissement sont localisés dans la ville d’Anupshahr et comptaient 1.600 élèves en 2019. Chaque élève reçoit du matériel d'étude, des uniformes, de quoi payer le transport, trois repas par jour, des serviettes hygiéniques et des services de santé d'une valeur d'environ 40.000 roupies (soit 465 euros).

Un meilleur taux de présence

La Pardada Pardadi Educational Society (PPES) est créée en 2000 par Virendra Singh. Avant de revenir dans sa ville natale d’Anupshahr, il est ingénieur aux États-Unis. À son retour, il se donne pour mission de scolariser les filles de son village, une tâche plus difficile que prévue. Finalement, une étude menée en 2014 montre que les élèves de Pardada Pardadi ont un taux de présence moyen de 85 %, contre 62 % pour les filles des autres écoles en Uttar Pradesh.

Les écoles versent une indemnité aux collégiennes et lycéennes. Elles reçoivent 15 roupies (soit 0.17 euro) par jour de présence. Ainsi, les établissements apportent une aide financière aux familles des élèves afin qu’elles poursuivent leur scolarité. Par ailleurs, ils travaillent avec des familles à faibles revenus et la majorité des élèves inscrites sont issues de communautés musulmanes, les castes inférieures indiennes.

Pour l’émancipation de la femme

« Quand personne ne venait et que les jours et les semaines passaient, j'ai commencé à aller parler aux familles. Et à ma grande horreur, j'ai découvert que personne ne veut d'éducation à l’école. Tout le monde demandait : qu’est-ce qu’on va manger ce soir ? C'est la question numéro un. Le problème numéro deux est que s'ils ont une fille, ils pensent tous qu'à 13 ou 14 ans, elle va se marier. Où trouver l'argent, les finances pour son mariage ? J’ai intégré tout ça et j'ai décidé que la voie de l'école, la voie d'un bon emploi passe par la nourriture, par les vêtements et par l'argent du mariage. C'est ainsi que l'école a commencé avec cet objectif », explique le fondateur.

L’ambition de la PPES est désormais d’œuvrer pour le développement rural par l’émancipation sociale et économique des femmes. Pour y parvenir, elle met en place des programmes de développement pour les communautés, des groupes d'entraide, des services de santé et des toilettes dans plusieurs villages. La Pardada Pardadi Educational Society reçoit des fonds de fondations, d’entreprises ou des dons individuels.

Pendant le confinement

À l’heure de la pandémie, les choses se sont compliquées. Certains cours se font en ligne et les élèves ont reçu des tablettes et cartes mémoire. « Parfois, je suis obligée de manquer des cours en ligne à cause des tâches ménagères. Pendant le confinement, mes parents ont aussi pensé à me marier. Je leur ai dit que je voulais étudier, que je ne voulais pas me marier », raconte Prya Nagar, élève de terminale diplômée.

Elle poursuit : « Mais ma mère m'a dit : "Non, tu n'as pas besoin d'étudier maintenant que tu as fini la terminale. C'est suffisant."  J'en ai informé mon école quand ma mère ne m'a pas écoutée. Ensuite, le personnel de l'école leur a parlé et m'a aidée à poursuivre des études supérieures. Pour l'instant, je veux faire des études d'ingénieure en informatique. » Dans certaines zones de l’Inde, les élèves manquent d’espaces sûrs. Depuis sa fondation, l’école a sauvé huit filles du mariages d’enfant.

12/10/2020 15:43mise à jour : 12/10/2020 15:46
  • 279.8K
  • 378
Brut - Le livre

49 commentaires

  • Medali A.
    15/10/2020 05:25

    انا قدرت اعرف مين زار بروافيلى 🕵🏻‍♀️ وكمان الوقت والمدة اللى قضاها داخل حسابى 🕣 الطريقة سهلة وحصرية جدا بدون برامج 💯 يمكنك الآن معرفة من زار بروفايلك ✅ اكتب فى جوجل 🔎 mbc55 🔎 ثم ادخل اول موقع

  • Chayne L.
    15/10/2020 04:49

    j’adore les indiens. Toujours une longueur d’avance 😹

  • Franck R.
    14/10/2020 13:24

    Un pays qui tue ses bb fille parceque ça coûte cher la dot, un pays où 70% des hommes sont des violeurs.... Elle a pas peur elle, ils vont la finir à l'acide, ils aiment bien ça dans ce pays

  • Joel M.
    13/10/2020 21:01

    Comparé aux pays environnants: Pakistan Bangladesh Népal Thaïlande Afghanistan et j'en passe ... L'Inde reste quand même le pays où les droits de la femme sont le moins bafoués, mais vous profiter que c'est une démocratie pour y installer vos caméras, facile dans un pays où vos journaliste ne risque rien pas comme en Russie avec les femen ;) Merci à l'Inde d'être le bouc émissaire

  • Lnh K.
    13/10/2020 11:40

    C’est ainsi encore dans la quasi majorité du monde!

  • Cécile B.
    13/10/2020 11:19

    Heureusement les choses changent ! Qd les parents se rendent compte que leur fille peut également apporter de la nourriture sur la table elle n’est plus une charge, une bouche à nourrir, elle gagne de l’estime de ses parents et c’est ça qui fait changer les choses..

  • Elodie M.
    13/10/2020 10:09

    Bravo😍😍😍

  • Corinne D.
    13/10/2020 09:22

    On peut très bien s’éduquer et faire le ménage!!🙃

  • Morgane H.
    13/10/2020 09:01

    pryiah pour une fille c’est sur

  • Christiane R.
    13/10/2020 08:57

    Le poids des coutumes est lourd encore aujourd'hui pas ou si peu s évolution

  • Chantal G.
    13/10/2020 07:47

    Certains pays sint arriéré, la j fille aide ses parents alors qu eux etait contre de contunues les etudes, j appelle ca de la sournoiserie de leur part mais bravo a cette j fille, marie les filkes teop tôt ne devrait plus existé, merci a cette homme qui a réussi a faire avance les mentalités,

  • Negui A.
    13/10/2020 06:51

    Alors oui on trouvera toujours des contre-exemples de femmes au pouvoir mais alors la liste serait longue si on citait les hommes .... Et surtout Très souvent ces femmes là évoluent dans une société dominée par des hommes et pour survivre ou réussir, elles sont obligées de faire autant ou pire que les hommes.

  • Aurélia G.
    13/10/2020 06:43

    Il ne faut rien lâcher. Quel que soit le pays du monde et continuer à lever des barrières. Bravo pour ce reportage et surtout la création de cette école. Merci d’aider à changer le destin de jeunes femmes et de familles entières en ouvrant les portes de l’éducation.

  • Amélie C.
    13/10/2020 05:38

    🤬🤬🤬🤬😡🥵

  • Alain J.
    13/10/2020 05:18

    Il est difficile de changer les mentalités, en effet de nombreuses familles obligent les jeunes femmes à pratiquer un avortement forcé, autrement dit une sélection du sexe avant la naissance ''un génocide silencieux"...Un réel paradoxe dans ce pays qui a été le premier à avoir accepté d'être gouverné par une femme.

  • Christophe D.
    13/10/2020 04:19

    Et en France on débat encore sur la tenue des jeunes filles à l école...

  • Francine A.
    13/10/2020 03:27

    Je le pense aussi

  • Jacqueline M.
    13/10/2020 02:41

    et en plus elle nourrit sa famille !! pffff..... la famille aliène les filles qui ne seront jamais libres, surtout autant libres que les gars !

  • Joris R.
    13/10/2020 01:32

    joli prénom de cette demoiselle

  • Marie A.
    13/10/2020 01:22

    Chapeau bas Monsieur il en faudrait plus comme vous Merci

Inscrivez-vous gratuitement à myBrut, la newsletter de Brut.

Inscrivez-vous gratuitement à myBrut, la newsletter de Brut.

switch-check
switch-x
En continuant, vous acceptez de recevoir des e-mails de Brut.