Froid historique : les viticulteurs mobilisés pour sauver les vignes

Les agriculteurs français se mobilisent pour sauver leurs vignes touchées par le gel. Face au froid historique, certains trouvent des solutions.

“Depuis 3 heures ce matin, on combat pour sauver nos parcelles”

De l’Alsace au Bordelais, les agriculteurs se mobilisent pour lutter contre le gel. Depuis plusieurs jours, ils doivent faire face à une vague de froid historique.

Dans la nuit du dimanche 3 avril au lundi 4 avril 2022, on a enregistré les températures les plus basses pour un mois d’avril depuis 1947.

“Depuis 3 heures ce matin, on combat pour essayer de sauver nos parcelles de vignes. On est descendu à des températures jusqu’à -6.1°. Je pense qu’il n’y a pas grand-chose qui a résisté. Donc voilà, un peu abattu ce matin” explique Adrien, viticulteur en Gironde.

De plus en plus d'hivers sont particulièrement froids en France. Certains viticulteurs placent des bougies dans les vignes pour les protéger du gel.

“Pour nous, ça signifie une perte de récolte définitive”

“On a eu deux épisodes sur deux jours, une première partie avec des gels sur -1° et une seconde, cette nuit, autour de -3°. Donc un peu catastrophique, puisqu’on a perdu pas mal de récoltes sur la végétation qui avait bien poussé” se désole Simon, qui dispose d’une exploitation dans le Gers.

Le gel a emprisonné les bourgeons de son vignoble, ce qui les a fait complètement griller. Et quand les bourgeons sont comme cela, ils sont définitivement “fichus”.

Simon commente : “Pour nous, ça signifie une perte de récolte définitive, donc avec ça, les complications économiques qui vont avec, puisque la vigne, y aura pas de raison, et ça veut dire pas de revenus pour nous, puisqu’on ne pourra pas faire de vin”.

Le viticulteur gersois explique que si des systèmes de lutte existent, il est compliqué pour lui de les mettre en place “avec le prix des vins qui est relativement pas”. Pour lui, cela est “trop coûteux économiquement”.

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Certains trouvent des solutions pour protéger leurs vignobles

En Touraine, Guillaume a trouvé une solution pour protéger son vignoble : “Ici, on est à Saint-Nicolas de Bourgueil. On protège tout cet îlot de vignes contre les gelées de printemps en aspergeant de l’eau sur les bourgeons. L’eau, quand elle gèle, elle vient réchauffer un peu le bourgeon, et après, elle le protège du gel.

C'est une technique qui est très efficace et l’avantage, c’est que l’eau, après, elle est restituée au milieu. Et là, tous les bourgeons sont bien protégés dans leur coque de glace. On peut espérer 100 % de protection des bourgeons grâce à cette technique.

On a des tours à vent qui viennent récupérer l’air qui est en altitude, qui est un peu plus chaud, qui vient le replaquer au sol. En dehors des zones protégées, il a fait -3°, jusqu’à -5°. Au sommet de la tour, on était à 1,5 degré, donc ça permet de rabattre l’air chaud et de protéger les bourgeons de l’air froid.

Donc là, sur la commune de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, il y a une quarantaine de ces tours à vent qui sont installées un peu partout dans le vignoble.”

Dimanche 3 avril, le Premier ministre Jean Castex a promis d’aider les agriculteurs les plus touchés par le gel. Ils pourront bénéficier du dispositif des “calamités agricoles” et toucher des indemnités.

L’été, la sécheresse ultime qui pourrait devenir “une norme” en 2050, les agriculteurs et éleveurs français racontent l’autre défi auquel il doit faire face.

Un coup dur dans le monde de l'agriculture, puisque des dégâts directs apparaissent sur la terre et sur les cultures, en été comme en hiver.

Avec le réchauffement climatique, et les modifications de la météo qui s'intensifient année après année, dans tout le pays, à Paris et dans chaque région, les paysans et les agriculteurs français font face à des difficultés croissantes.

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Brut.