Guadeloupe : 90 % des établissements scolaires sont bloqués

Les professeurs manifestent contre la réforme des retraites et l'invisibilisation médiatique et politique de l'île par rapport à la métropole.

Guadeloupe : le blocus des écoles continue

Dans le département, 90 % des écoles n’ouvriront pas leurs portes dans les jours à venir. La conséquence de la future réforme des retraites, contre laquelle les professeurs manifestent.

« Les établissements sont complètement bloqués, l’éducation est complètement bloquée en Guadeloupe. Ça a vraiment commencé fortement le 10 janvier », affirme Laïdi Ben Haddou, professeur de mathématiques et membre du syndicat SNES Guadeloupe. Dans ce département français, la plupart des enfants ne vont plus à l’école. Les établissements scolaires, écoles, collèges et lycées sont bloqués par les professeurs, en grève contre la réforme des retraites.

Entre 90 et 97 % d’établissements fermés

« Toutes les semaines, entre 90 et 97 % d’établissements sont fermés. On n’a jamais vu ça depuis des années. C’est fait à contre-coeur, parce qu’on veut retourner dans nos classes, on veut retrouver nos élèves. C’est quand même plus confortable que d’être dans un conflit long ! Mais notre détermination reste intacte. En France, c’est entre 300 et 900 euros qu’on pourrait perdre tous les mois sur nos pensions. Ici, au vu du coût de la vie, ce serait une énorme catastrophe. Si j’achète un pack d’eau, par exemple, ça vaut 4 euros. En France, le même pack d’eau coûte 1 euro », développe Laïdi Ben Haddou.

Le syndicaliste poursuit. « On sait pertinemment que si la Guadeloupe perd ses retraités, si les retraités n’ont plus d’argent à investir ici, ça va entraîner encore plus de chômage. On est à plus de 30 % de chômage pour l’ensemble de la population, 60 % des moins de 25 ans. » En Guadeloupe, les professeurs dénoncent également la suppression de 72 postes dans l’éducation nationale et la mise en place du nouveau bac, dont aucune épreuve n’a encore pu avoir lieu.

« Une espèce de mur médiatique et politique »

Mais les blocages sont également la conséquence d’un sentiment d’invisibilité par rapport à la métropole, comme l’explique Laïdi Ben Haddou. « Il y a une espèce de mur médiatique et politique, et ça nous a fortement énervés et incité à continuer. Il y a une espèce d’invisibilisation des luttes en Guadeloupe. À l’époque du LKP, il avait fallu 20 jours pour que le gouvernement réagisse et que les médias se posent la question de ce qu’il se passait en Guadeloupe. Là, on est à 50 jours et il ne se passe absolument rien. »

44 suppressions de postes en 2018. 86 en 2019. Une prévision de 72 postes en 2020. Pour les professeurs grévistes, c’est trop. Pour le ministre de l’Éducation nationale, c’est la conséquence de la baisse de 19 % du nombre d’élèves dans les écoles de Guadeloupe. Les professeurs demandent par ailleurs que davantage d’élèves soient placés en éducation prioritaire renforcée. Le taux d’élèves en éducation prioritaire renforcée en Guadeloupe est de 4,5 %, contre 7 % en métropole… À titre de comparaison, en Guyane, ce taux est de 94,5 %.

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Brut.
6 février 2020 19:46