Le street-pooling, un phénomène venu des États-Unis

Transformer la rue en piscine en cas de canicule en ouvrant les bouches d'incendie, c’est le street-pooling. Un phénomène qui apparaît en France.

Une bouche d'incendie ouverte, c'est 750 litres, soit 5 baignoires par minute

Depuis quelques années, cette pratique se développe en France. Le street-pooling est né à New York à la fin du 19e siècle. En 1896, une canicule sans précédent frappe la côte est des États-Unis et fait plus de 1500 morts, principalement dans les quartiers pauvres et bondés des grandes villes. Le chef de la police de New York, un certain Theodore Roosevelt, demande aux pompiers d'ouvrir les bornes d'incendie pour nettoyer les rues jonchées de détritus et de chevaux morts de chaud. “C'était une aubaine pour les classes populaires. Les parents amenaient leur enfant dans la rue pour s'arroser. Il y avait au moins 50 000 enfants pour qui c'étaient les vacances” déclarait Collis, le chef des pompiers dans Chaleur dans la vieille ville de Edward P. Kohn. Dans les décennies qui suivent, le street-pooling devient une tradition new-yorkaise. En 1989, cette pratique est popularisée par le film de Spike Lee Do the right thing. Comment se rafraîchir sans climatisation ?

Elle fait son apparition en France lors de la forte canicule de 2015. Pendant celle de 2017, près de 200 bouches d'incendie sont arrachées à Paris et en petite couronne. L'équivalent de 240 piscines olympiques est gaspillé. Une bouche d'incendie ouverte, c'est 750 litres, soit 5 baignoires par minute. Au-delà du gaspillage, n'est pas sans danger et plusieurs enfants ont déjà été gravement blessés, notamment en Seine-Saint-Denis. En France, l'ouverture d'une borne d'incendie est passible de 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. À New York, elle est également interdite, mais les autorités ont décidé d'encadrer cette pratique, avec l’aide des pompiers, pour limiter le gaspillage et les accidents. 50 degrés à l'ombre : l'Inde suffoque

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Brut.