Violences conjugales : le cri d'alarme de l'actrice Sandrine Bonnaire

La réalité des violences conjugales, c'est ça. Sandrine Bonnaire en a été victime et elle veut agir pour que ça change.

Violences faites aux femmes en confinement : l’appel de Sandrine Bonnaire

Depuis le début du confinement, on a constaté une hausse importante des violences faites aux femmes par leur conjoint ou ex. L’actrice Sandrine Bonnaire, qui en a elle-même été victime, tient à alerter.

« En cette période de confinement, nous avons constaté une très forte hausse des violences faites dans les foyers. Bien sûr, ce sont les plus vulnérables qui sont touchés, c’est-à-dire les femmes et leurs enfants », indique Sandrine Bonnaire. Pour Brut, l’actrice, elle-même battue par son compagnon il y a 20 ans, rappelle le danger imminent qu’encourent toutes les femmes enfermées avec un conjoint – ou ex – violent.

« Tous les os de mon visage étaient cassés »

Ce n’est pas sans émotion que je vous parle de mon histoire d’il y a 20 ans. Il y a 20 ans, j’ai été strangulée par mon compagnon. Je me suis évanouie et je me suis réveillée avec une triple fracture de la mâchoire. Je préfère d’ailleurs dire triple fracture de la mâchoire plutôt que… que de dire que tous les os de mon visage étaient cassés.

Curieusement, ça me paraît moins violent de dire ça. Vous dire aussi que j’ai recraché huit dents, que j’avais la langue en lambeaux, plus une ouverture sous le menton. Si je vous parle de ça, c’est pour vous dire que 20 ans après, j’ai toujours des séquelles et des traumatismes.

« Réagissez en appelant le 3919, ou la police, ou un voisin »

J’ai commencé par parler, j’en ai d’abord parlé à mes proches. Et puis beaucoup plus tard, j’en ai parlé dans les médias. Aujourd’hui, j’ai envie d’agir. J’ai envie d’agir en créant une association pour accompagner juridiquement, physiquement et psychologiquement ces femmes qui ont subi des violences.

Je profite de ce confinement pour le faire. Le confinement ne doit pas se faire au détriment de votre sécurité et de celle de vos enfants. Alors s’il vous plaît, ne vous laissez pas faire, réagissez. Réagissez en appelant le 3919, ou la police, ou un voisin. En tout cas, dès le moindre signe, réagissez.

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Brut.
4 mai 2020 17:43