8 questions qu'on se pose avant d'adopter un animal

Mon logement est-il assez grand ? Quel coût ? Où aller le chercher ? Vétérinaire, Gaëlle répond à 8 questions sur l’adoption d’un animal de compagnie.

1/ Mon logement est-il assez grand ?

Gaëlle Le Calonnec, vétérinaire : “Souvent, on se dit qu’il faut avoir une grande maison ou un grand appartement pour pouvoir avoir un animal, mais ce n’est pas forcément vrai.

Pour les chats, on peut très bien avoir un chat dans un petit appartement, il faut juste l'aménager en fonction, en mettant par exemple des arbres à chat en hauteur ou des structures aménagées.

Et pour les chiens, ce qui est important, ce n’est pas d’avoir une grande maison ou un grand jardin, mais c’est vraiment les interactions. Donc c’est faire des grandes balades, c’est s’occuper de lui au maximum… Et l’espace, au final, c’est secondaire.”

Chiens, chats, rongeurs… Les animaux peuvent transmettre aux hommes des maladies parfois mortelles : les zoonoses. La meilleure solution pour l'éviter, c'est de prendre soin d'eux. Voici comment éviter d'avoir une zoonose, une maladie transmise par son animal.

2/ Et si je suis allergique ?

“Il y a beaucoup d’humains aujourd’hui qui sont allergiques aux poils de chien et aux poils de chat, mais en soi, ce n’est pas une fatalité. Il y a des races de chien ou de chat qui sont dites “hypoallergènes”, qui déclenchent moins les allergies. Par exemple, chez le chien, il y a le caniche qui déclenche moins les allergies.

Et ensuite, ce n’est pas une fatalité, on peut tout à fait se faire désensibiliser aux poils de chien ou aux poils de chat, et je connais même des vétérinaires qui sont allergiques aux poils de chien et aux poils de chat et qui arrivent à faire leur métier correctement.”

Pour lutter contre les abandons, un certificat de sensibilisation sera peut-être bientôt obligatoire pour posséder un animal. Découvrez ce que sera ce certificat obligatoire pour tout propriétaire d'animal de compagnie en France.

3/ Au quotidien, combien ça coûte ?

“Il y a les coûts évidents, tout ce qui va être le matériel, les paniers, les laisses, les arbres à chat… Et puis ensuite, la nourriture et puis les coûts vétérinaires.

Malheureusement, en général, quand ils vieillissent, il commence à y avoir des soucis de santé, et dans ces cas-là, il faut pouvoir payer les frais, c’est toujours mieux d’avoir anticipé des années auparavant.

Il y a certaines races de chien qui ont été sélectionnées pour des critères uniquement esthétiques, au détriment de la santé et du bien-être. Par exemple, on a le bouledogue français, qui fait de multiples hernies discales, qui a souvent un syndrome obstructif des voies supérieures qui nécessite une rhinoplastie, des choses comme ça, le bouledogue anglais qui a aussi pas mal de soucis… Donc oui, certaines races de chien nécessitent des frais vétérinaires beaucoup plus importants que d’autres.

Ça va dépendre vachement, par exemple, si c’est un chien, si c’est un petit chien ou un grand chien, parce que forcément, un grand chien va consommer beaucoup plus de croquettes, et même d’un point de vue vétérinaire, les frais seront plus élevés parce qu’on utilise plus de molécules.

Mais une estimation un peu large, ça serait tout compris, à la fois la nourriture, les frais véto, etc., environ une centaine d’euros par mois, par animal.”

4/ Combien de temps faut-il pour s’en occuper ?

“Avoir un animal, ça demande du temps, du temps au quotidien. Par exemple, pour un chien, il va falloir le balader le matin, le soir, parfois même le midi, prévoir de pouvoir rentrer chez soi pour le balader.

On a tendance à dire qu’un chat, c’est assez indépendant, c’est vrai, mais ça nécessite quand même du temps : la litière, il faut la nettoyer au moins une fois par jour, il faut quand même jouer avec lui, s'intéresser à lui. Un chat, c’est pas juste dans un appartement juste pour faire beau, c’est aussi un animal qui a besoin d'interactions.”

5/ Et si je pars en vacances ?

“Pour ces périodes, il faut pouvoir s’organiser, soit se renseigner d’abord avec sa famille, ses amis, voir si quelqu’un serait d’accord pour garder son animal, soit, sinon, prévoir un budget pour la garde de l’animal et dans ce cas, il faut inclure à son budget vacances le dog-sitter ou le cat-sitter.”

Découvrez ce pourquoi c'est souvent une fausse bonne idée d’offrir en cadeau un animal.

6/ Ont-ils des besoins spécifiques ?

“Il faut connaître les besoins d’un animal avant de l’adopter, parce que sinon, on peut s’exposer à de mauvaises surprises, et ça va être ni plaisant pour vous, ni pour l’animal qui va être très frustré.

Par exemple, en France, la race de chien la plus à la mode en ce moment, c’est le berger australien, et le berger australien, c’est un chien qui a besoin d’énormément d’exercice physique au quotidien. Et donc un berger australien qui ne va pas faire assez d’exercice, forcément, il va être frustré et là ça peut entraîner des destructions et des problèmes de comportement.

On a tendance à se dire qu’un petit chien aurait besoin de moins d’exercice qu’un grand chien, mais c’est complètement faux. Par exemple, le jack russel terrier, c’est une race qui a besoin d’énormément d’exercice physique alors qu’un golden ou un labrador, qui sont plus grands, ils peuvent très bien s’adapter à avoir beaucoup moins d’exercice physique.

Pour les chats, au niveau des interactions humaines, il y en a qui ont besoin de beaucoup plus, par exemple les ragdolls, c’est des chats qui sont vraiment très proches de l’humains, très câlins, alors que le chat européen, entre guillemets classique, le chat de gouttière, il a besoin d’un petit peu moins de présence humaine.”

7/ Dois-je m’attendre à des bêtises ?

“Quand on adopte un jeune animal, il n’est pas éduqué, donc forcément, il va faire des bêtises le temps de l’éducation. Donc les bétises, c’est en général de la malpropreté, donc des urines, des cacas pas forcément là où c’est censé être et puis aussi des destructions.

Mais ça, c’est tout à fait normal, parce qu’un jeune animal, il découvre le monde en mettant tout ce qui lui passe devant le nez dans sa bouche.Il faut s’y préparer et donc peut-être faire une croix sur 2-3 paires de chaussures, où les mettre en hauteur si on veut être sûr qu’il n’y ait pas de souci.”

8/ Où aller le chercher ?

“En animalerie, c’est encore autorisé jusqu’au 1er janvier 2024, mais ce n’est pas du tout quelque chose qu’on recommande, parce qu’il y a beaucoup de trafics, et puis aussi, en général, les animaux n’ont pas eu un début de vie très facile.

En élevage ou en refuge, ensuite, la question se pose. C’est vrai que si on veut une race très précise et un jeune animal, il vaut mieux aller en élevage. En revanche, si on n’a pas forcément de souhait précis de race et si on est prêt à adopter un animal déjà adulte, avec peut-être, malheureusement, déjà des petits soucis d’éducation, parce qu’aujourd’hui, la raison principale de l’abandon en France, c’est le manque d’éducation, c’est vrai que si on est prêt à faire ce petit effort là, aller en refuge, ça peut être complètement viable pour soi et puis ça fera un heureux au moins, pour l’animal.

Mais l’adoption d’un animal, ça doit rester un choix libre, ça doit rester un plaisir, il ne faut pas non plus se forcer à aller en refuge, si on a à tout prix envie d’un bouledogue français, eh bien allez dans un élevage de bouledogues français.”

Proposer à des familles d’accueil de recueillir des chats et des chiens abandonnés en attendant une adoption définitive, c’est l’initiative de l’association Ron’Rhône. Voilà comment ça se passe.

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Brut.