Sur scène avec Astéréotypie

Collectif Astéréotypie, c'est un groupe de punk porté par des chanteurs autistes. Ils viennent de sortir leur second album "Aucun homme ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme". Brut les a suivis pour leur concert aux Trans Musicales de Rennes.

“La différence ne doit pas être un obstacle, ça doit être une richesse”


“On n'est plus vus comme des personnes en situation de handicap mais comme des vrais artistes.” Stanislas est chanteur dans le collectif Astéréotypie, un groupe de musique punk rock, qui rassemble des personnes se trouvant dans le spectre autistique. À travers leurs textes, ils parlent de ce qu’ils vivent au quotidien, tout en se défoulant sur scène. Leur nouvel album, Aucun homme ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme, est sorti en avril. Ils jouent cette fois-ci au festival des Trans Musicales de Rennes le jeudi 8 décembre, devant des centaines de spectateurs. Un vrai plaisir pour Claire, également chanteuse autiste. “On se donne du plaisir, charismatiquement, plus que d’habitude et qu’autrefois.”
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Un groupe très soutenu


Christophe est éducateur spécialisé et guitariste dans Astéréotypie. Le projet était d’abord pédagogique pour ces personnes en situation de handicap. “On voulait leur apprendre des choses et puis finalement, on n’a pas eu grand-chose à leur apprendre. C’est eux qui nous ont appris plein de trucs. On s’est mis dans une démarche un peu d’art brut sans le savoir, en termes de textes, de littérature, en termes de poésie, de composition, de sens des mots, de valeurs. C’est très, très riche, ce qu’ils balancent. Et puis après, au fur à mesure du temps, des rencontres, c’est devenu un groupe de rock”, explique-t-il.
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Les parents des chanteurs se déplacent aussi sur les lieux de concerts. C’est le cas de la mère d’Aurélien. “Je l’accompagne quasiment systématiquement. Mais bon, c’est vrai qu’il aime bien aussi être un peu tout seul. Maman, c’est bien. Mais c’est aussi bien sans maman! On est vraiment heureux de le voir retrouver son identité. Il est lui-même, en fait, il est heureux, et forcément, bah, on est heureux. Ça lui permet de s’exprimer. Il parle de son monde et surtout, il le partage. Donc ça, c’est super.”
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“Je sais qu’avec Astéréotypie, je suis mis en valeur”


“J’ai commencé en 2008, et après, tout a évolué. Au début, c’était un truc de… Je ne sais pas comment ça s’appelle… Un truc de textes. Un truc de textes, d’écriture. Et aujourd’hui, c’est une grande progression qui est en train de se faire”, se rappelle Yohann, aussi chanteur. “Aujourd’hui, musicien, c’est mon métier et c’est mon but. Et c’est ça qui a fait la différence.”
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Pour eux, la musique a véritablement été un échappatoire, une façon de casser les préjugés sur l'autisme. “Je sais qu’avec Astéréotypie, je suis mis en valeur et que j’arrive à m’inclure le plus possible dans la société”, pense Stanislas. ”La différence ne doit pas être un obstacle, ça doit être une richesse. Ce serait bien de vivre dans un monde où tout le monde s’accepte. Je pense que dans la société, tout le monde devrait s’accepter.”
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Brut.