Sapins de Noël : une production française controversée

Chaque année, la France produit près de 6 millions de sapins de Noël dont un quart ici, dans le Morvan. Et cette culture fait débat…

“Mettre des pesticides sur les sapins de Noël, c’est vraiment ravageur”


“En France, on produit presque 6 millions de sapins de Noël tous les ans, il y en a un quart qui vient du Morvan”, explique Marie-Anne Guillemain, coprésidente d'Adret Morvan, association qui veut protéger l’environnement de la région. Et cette production de sapins de Noël peut nuire aux forêts environnant les cultures. “Il y a une très grosse pente, et donc si le producteur de sapins de Noël qui travaille ici met des pesticides, les eaux vont ruisseler, la terre va partir avec, donc on a appauvri les sols, et puis les pesticides finissent dans les rivières, qui finissent dans les fleuves, qui finissent dans la mer.”
En Alsace, Marcel fait du foie gras sans gavage


“On pourrait mieux cultiver les sapins”


“Les pesticides, ils portent bien leur nom, ils sont censés tuer ce qu’on appelle des pestes, qui n’en sont pas en réalité, donc ils tuent les insectes. Il y a des apiculteurs qui ont perdu l’intégralité de leurs ruches. Donc là aussi, il y a quand même moyen de faire progresser un petit peu les choses, puisqu’on sait que la chute de la biodiversité atteint particulièrement les insectes, on sait que si nous n’avons plus d’abeilles, nous ne pouvons plus vivre”, ajoute Marie-Anne Guillemain. “Mettre des pesticides sur les sapins de Noël, c’est vraiment ravageur pour la nature et pour l'environnement.”
Les paysans français s'investissent pour la planète


Pour elle, il faut trouver une nouvelle manière de cultiver les sapins de Noël. “Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’éradiquer toute la culture du sapin de Noël en Morvan. On peut déjà arrêter de l’étendre, et puis peut-être la diminuer. On pourrait mieux aussi les cultiver, c’est à peu près 1% des sapins de Noël qui sont cultivés en bio, et puis à la place des sapins de Noël, on pourrait mettre d’autres cultures, des cultures qui permettent de nourrir la population.”
Pascal Poot a décidé de cultiver ses légumes autrement


Pour les producteurs, “on passe notre temps à faire des efforts”


L'Association française du sapin de Noël naturel, qui regroupe 135 producteurs issus de 52 départements. Ils se défendent d’une utilisation excessive des pesticides. “Depuis 5 ans, nous, on a divisé par 2 la quantité de produits phyto qu’on utilisait simplement en herbicide, et tous les gros producteurs de sapins de Noël du Morvan sont engagés dans cette démarche. Donc dire qu’on arrose nos sapins comme on l’entend parfois, avec 10 ou 12 passages de traitements phyto par an, c’est pas vrai”, détaille Frederic Naudet, président de l'AFSNN et directeur général des Pépinières Naudet.
Sur son exploitation bio, Marcel veut respecter les sols


“On peut traiter une fois, deux fois dans les deux premières années, qui sont les années les plus sensibles, parce qu’il faut vraiment qu’on ait des sapins propres pour qu’ils puissent se développer, mais une fois qu’on est sur la deuxième ou troisième année, on utilise maintenant des tondeuses, des machines qui permettent de travailler sur les rangs”, continue Frederic Naudet.
Guillaume Canet s'engage pour la sauvegarde de l'agriculture


avatar
Brut.