Comment les violences conjugales peuvent mener au suicide forcé

Le nombre de féminicides est souvent mis en avant. Celui des femmes qui se suicident suite à des violences conjugales l'est moins. En 2018, elles seraient 218 à avoir mis fin à leurs jours suite à ces violences. Yael Mellul veut que le suicide forcé soit reconnu par la loi. Voilà pourquoi.

Vers la reconnaissance du suicide forcé dans la loi

En 2018, près de 218 femmes victimes de violences conjugales se seraient suicidées. Vendredi 22 novembre, en conclusion du Grenelle contre les violences conjugales, Marlène Schiappa a officiellement annoncé vouloir faire entrer la reconnaissance du suicide forcé, dans la loi. Yael Mellul, ancienne avocate, se bat pour cette cause, depuis des années. Elle raconte à Brut.

Yael Mellul compare les violences conjugales à un iceberg : “il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas”, explique-t-elle. “Ce qu’on ne voit pas”, c’est la violence psychologique, qui se résume par des micro violences, insultes, injures, ainsi et autres humiliations. Selon Yael Mellul, ces violences mettent la victime dans un “état d’objet” dominé par son agresseur. La partie visible de l’iceberg représente “ce que l’on voit” : la violence physique. Actuellement, un homme violent responsable de suicide forcé par le harcèlement qu’il aura exercé sur sa victime, “ne risque absolument rien”, affirme Yael Mellul. En effet, “il y a un vide juridique total”.

“Le suicide est induit”

Selon Yael Mellul, une victime de violence conjugales montre d’abord des premiers signes de détresse : “elle va perdre sa joie de vivre, son dynamisme, elle va maigrir, elle va grossir, elle va commencer à tomber en dépression.” Puis, certaines femmes sombrent dans l’alcoolisme ou la toxicomanie. D’autres, se suicident. Aujourd’hui, l’objectif de Yael Mellul est d’adopter une approche de prévention pour sortir les victime de violences conjugales de “cette prison mentale”. Reconnu dans la sphère du travail, notamment à travers l’affaire France Télécom, le suicide forcé n’est pourtant pas reconnu dans la sphère privée. Alors que, selon Yael Mellul, c’est dans la sphère privée que les femmes sont le plus en danger. Vendredi 22 novembre, en conclusion du Grenelle contre les violences conjugales, Marlène Schiappa a officiellement annoncé vouloir faire entrer la reconnaissance du suicide forcé, dans la loi.

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Brut.
25 novembre 2019 07:14